L’illusion d’une souveraineté retrouvée continue de se heurter à la réalité du terrain au Mali.
Jeudi 10 septembre, une nouvelle attaque jihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura, situé dans le centre du pays, a coûté la vie à au moins 50 soldats maliens et cinq mercenaires russes d’Africa Corps (ex-groupe Wagner). Selon certaines sources locales, le bilan pourrait même dépasser les 80 morts, sans compter de nombreux militaires capturés.
Ce nouveau revers sanglant met une fois de plus en lumière les failles d’une stratégie militaire basée sur le déni et le partenariat privilégié avec les forces paramilitaires russes.
L’inefficacité dramatique du partenariat avec Africa Corps
Alors que les autorités de transition à Bamako vantent régulièrement la « montée en puissance » des Forces armées maliennes (FAMa), la réalité opérationnelle montre une vulnérabilité persistante. Malgré la présence des instructeurs et mercenaires russes déployés pour remplacer les forces internationales et françaises, les groupes armés terroristes continuent de frapper au cœur du dispositif militaire.
L’attaque du camp de Dioura illustre des défaillances tactiques criantes. Selon un élu local, les assaillants ont pu investir le camp, puis revenir le lendemain sans qu’aucun renfort militaire significatif ne soit dépêché sur place. La promesse d’une couverture sécuritaire totale par les partenaires russes se traduit sur le terrain par un coût humain démesuré pour les troupes locales et une incapacité à verrouiller durablement les zones stratégiques du centre et du nord.
L’accumulation des revers militaires
Cet épisode s’inscrit dans une série noire pour le tandem Bamako-Moscou. Quelques semaines plus tôt, en juillet, une cinquantaine d’autres soldats avaient déjà péri dans une embuscade tendue entre Anéfis et Gao par une alliance d’indépendantistes et de jihadistes.
Face à cette détérioration, la réaction officielle des autorités maliennes se limite souvent à l’annonce tardive « d’opérations aéroterrestres ». Cette communication rodée peine à masquer l’absence de maîtrise territoriale et le désarroi des populations locales, livrées à elles-mêmes face au retour en force des insurgés.
En écartant les partenariats traditionnels pour se tourner vers une solution exclusivement militaire soutenue par des mercenaires, la junte malienne s’enfonce dans un gouffre sécuritaire où les pertes humaines s’accumulent sans offrir de perspective de stabilisation.







