Une attaque menée par des individus armés dans un bar de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest au Cameroun, a fait trois morts et quatre blessés lundi, selon les autorités locales. Ce nouvel épisode de violence illustre la persistance de l’insécurité dans les régions anglophones du pays, en proie à un conflit armé depuis près de dix ans.
Dans un communiqué publié mardi, le préfet du département de la Mezam, Simon Emile Moor, a indiqué qu’« une incursion de terroristes armés » avait été enregistrée dans un débit de boissons de la ville aux alentours de 15 heures. L’attaque a coûté la vie à trois civils et fait quatre blessés, qui ont été transportés à l’hôpital régional de Bamenda pour recevoir des soins.
Les circonstances exactes de l’assaut n’ont pas été précisées et aucun groupe n’a revendiqué l’attaque. Les autorités ont toutefois condamné ces actes qu’elles qualifient d’atteintes répétées à la sécurité et à l’intégrité des populations civiles.
Cette attaque intervient dans un contexte de fortes tensions dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis le début de l’insurrection séparatiste en 2017, les groupes indépendantistes imposent régulièrement des journées dites « ville morte » chaque lundi. Durant ces journées, les commerces, établissements publics et écoles restent fermés, tandis que les déplacements sont fortement limités.
La violence se poursuit également dans les localités environnantes. Le 8 septembre, un policier a été tué et cinq enseignants ont été enlevés à Wum, à environ 80 kilomètres de Bamenda. Les victimes ont été libérées le lendemain après le paiement d’une rançon, selon des sources locales.
Le conflit trouve son origine dans les manifestations de 2016 organisées par des enseignants et des avocats anglophones. Ces derniers dénonçaient ce qu’ils considéraient comme une marginalisation croissante des systèmes éducatif et judiciaire anglophones par le pouvoir central basé à Yaoundé. La répression de ces manifestations a favorisé l’émergence de mouvements séparatistes qui ont proclamé en 2017 l’indépendance symbolique de la « République d’Ambazonie ».
Depuis lors, les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés indépendantistes ont plongé les régions concernées dans une crise humanitaire durable. Pris entre les deux camps, les civils sont fréquemment victimes d’enlèvements, d’extorsions, d’assassinats et d’autres formes de violences.
Selon les Nations unies, plus de 6 000 personnes ont perdu la vie dans ce conflit depuis 2016. La crise a également provoqué d’importants déplacements de population, avec plus de 330 000 déplacés internes au Cameroun et plus de 100 000 réfugiés ayant trouvé refuge au Nigeria voisin.
Malgré les appels répétés au dialogue et à une résolution pacifique du conflit, la situation sécuritaire demeure fragile dans les régions anglophones, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut aux violences.







