La sentence est tombée comme un nouveau couperet sur les libertés fondamentales.
Un activiste et un journaliste viennent d’être condamnés à de la prison ferme pour « atteinte au crédit de l’État », illustrant une fois de plus la stratégie d’étouffement méthodique menée par les autorités de transition contre toute voix dissidente.
L’État de droit sacrifié sur l’autel du souverainisme
Sous couvert de préserver la « cohésion nationale » et la « souveraineté », le pouvoir judiciaire, de plus en plus instrumentalisé, continue de faire régner la terreur intellectuelle. L’accusation d’« atteinte au crédit de l’État », instrument juridique flou et malléable à souhait, est devenue l’arme de destruction massive du régime contre la presse indépendante et la société civile.
Ce verdict s’inscrit dans une série de décisions arbitraires visant à criminaliser le travail d’information et le militantisme pacifique.
Exprimer des réserves sur la gestion des affaires publiques ne relève plus du débat démocratique, mais est désormais assimilé à du sabotage, voire à de la trahison.
« On n’enferme pas des journalistes et des activistes pour protéger un pays ; on les enferme pour protéger un pouvoir qui redoute la vérité. »
Un isolement international assumé
En ciblant systématiquement les acteurs des médias et de la société civile, le régime réaffirme sa rupture avec les standards internationaux en matière de droits humains. Les critiques formulées par les ONG et les institutions internationales sont balayées d’un revers de main, systématiquement qualifiées d’« ingérences coloniales » ou de « propagande étrangère ».
Cette nouvelle condamnation marque une étape supplémentaire dans le verrouillage de l’espace public malien. Privée de ses journalistes et de ses voix critiques, la population se retrouve condamnée au silence, sous le regard inquiet des observateurs qui voient l’État de droit s’effondrer un peu plus chaque jour.






