L’ancien Premier ministre guinéen I Ibrahima Kassory Fofana a quitté Conakry ce vendredi 18 septembre à bord d’un avion médicalisé en direction de la France, où il doit poursuivre des soins spécialisés. Une évacuation sanitaire rendue possible après l’autorisation accordée par les autorités judiciaires guinéennes, dans un dossier où les considérations humanitaires se sont finalement imposées aux contraintes judiciaires.
Selon son avocat, Me Dinah Sampil, l’ancien chef du gouvernement souffre d’un état de santé suffisamment préoccupant pour nécessiter un transport médicalisé. Toujours selon la défense, le vol a été spécialement affrété afin de permettre son transfert vers Paris, où il devrait suivre un traitement médical adapté.
Cette sortie du territoire intervient quelques jours après la décision du parquet spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), qui a levé les restrictions de voyage pesant sur l’ancien Premier ministre ainsi que sur l’ex-président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, tous deux autorisés à se rendre à l’étranger pour raisons médicales.
Pour Ibrahima Kassory Fofana, cette autorisation marque un tournant après plusieurs années de bataille judiciaire et de demandes répétées de ses avocats. Arrêté dans la foulée du coup d’État du 5 septembre 2021 qui a renversé Alpha Condé, l’ancien Premier ministre a passé une grande partie de sa détention dans des structures médicales de la capitale guinéenne en raison de problèmes de santé récurrents.
Condamné en appel à trois ans et neuf mois d’emprisonnement dans une affaire de détournement présumé de deniers publics, il demeure l’une des figures les plus emblématiques des poursuites engagées contre les anciens dignitaires du régime d’Alpha Condé. Son départ vers l’étranger intervient donc dans un contexte politique et judiciaire particulièrement sensible.
L’annonce de cette évacuation médicale suscite déjà de nombreuses réactions à Conakry. Pour les soutiens de l’ancien Premier ministre, elle constitue avant tout une mesure humanitaire conforme au droit à la santé. D’autres observateurs rappellent toutefois que plusieurs personnalités politiques ou administratives autorisées à quitter la Guinée pour des soins ces dernières années ne sont jamais revenues répondre à la justice nationale.
La défense de Kassory Fofana assure pour sa part que son client reviendra en Guinée dès la fin de son traitement. Reste à savoir combien de temps durera cette parenthèse médicale et quelles en seront les conséquences sur la suite de la procédure judiciaire engagée contre l’ancien Premier ministre.
Par la rédaction







