Le tapis rouge du Festival de Cannes s’ouvre ce mardi 12 mai sur la Croisette, avec 22 films en compétition pour décrocher la prestigieuse Palme d’or. Mais une nouvelle fois, aucun long métrage africain ne figure dans la sélection officielle pour le sacre suprême du cinéma mondial.
Une absence qui relance les interrogations sur la place accordée au continent africain dans les plus grandes compétitions internationales, malgré le dynamisme croissant de ses cinéastes et l’émergence d’une nouvelle génération de réalisateurs africains salués dans plusieurs festivals.
Cette année encore, l’Afrique devra se contenter d’une présence dans les sections parallèles. Trois productions africaines ont toutefois réussi à se faire une place dans la catégorie « Un Certain Regard », considérée comme l’une des vitrines majeures du festival.
Parmi elles, Les Fraises de la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi, qui aborde l’exploitation des ouvrières agricoles marocaines dans les serres espagnoles. Le film Congo Boy, du réalisateur centrafricain Rafiki Fariala, retrace quant à lui un parcours d’exil entre la Centrafrique et le Congo. Enfin, la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo présente Ben’Imana, une œuvre centrée sur les blessures et les défis de la réconciliation dans le Rwanda post-génocide.
Si cette présence est saluée, plusieurs observateurs du cinéma africain regrettent toutefois l’absence du continent dans la compétition reine. Des critiques spécialisés et médias culturels estiment que Cannes peine encore à refléter pleinement la diversité des récits africains, malgré la vitalité de la production cinématographique du continent.
Le magazine spécialisé Jeune Afrique Culture relevait récemment que « le cinéma africain reste souvent cantonné aux sections périphériques », tandis que certains critiques dénoncent une visibilité encore insuffisante des productions africaines à Cannes, notamment dans les catégories les plus exposées.
Pourtant, l’histoire rappelle que l’Afrique a déjà brillé au sommet du festival. En 1975, le réalisateur algérien Mohammed Lakhdar-Hamina avait marqué l’histoire en remportant la Palme d’or avec Chronique des années de braise. À ce jour, il demeure l’unique cinéaste africain à avoir décroché cette distinction suprême.
Depuis ce sacre historique, plusieurs réalisateurs africains ont été salués à Cannes sans parvenir à reconquérir la Palme d’or. Cette réalité nourrit régulièrement le débat sur la représentativité du continent dans les grands circuits du cinéma international.
Le Festival de Cannes 2026 s’ouvre dans un contexte où les questions de diversité culturelle et de représentation restent au cœur des discussions. Cette année, le jury est présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, entouré notamment de l’actrice américaine Demi Moore et de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao.
En attendant le verdict final prévu dans dix jours, l’Afrique tentera malgré tout de faire entendre sa voix à travers les films sélectionnés dans les catégories parallèles, avec l’espoir de continuer à imposer ses récits, ses mémoires et ses réalités sur la scène mondiale du cinéma.







