À la suite du communiqué conjoint publié ce mois de mai par les cours d’appel de Conakry et de Kankan sur le renforcement de la protection des enfants contre l’exploitation, l’activiste des droits des enfants, Mouctar Baldé, a salué une « mesure cruciale » tout en appelant les autorités à privilégier des actions concrètes sur le terrain.
Selon lui, cette décision judiciaire représente une avancée importante dans la lutte contre l’exploitation des mineurs, notamment dans les zones minières et dans les rues de la capitale guinéenne. Toutefois, il estime que son efficacité dépendra principalement de son application effective et d’une volonté politique durable.
« Il ne faut pas que cette décision reste seulement dans les bureaux ou sur le papier. Il faut qu’elle soit appliquée sur le terrain », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Mouctar Baldé dénonce la présence croissante d’enfants dans les mines artisanales, les marchés et les carrefours, où beaucoup exercent des activités dangereuses ou vivent de la mendicité.
« Combien d’enfants qui sont censés aller à l’école se retrouvent dans les rues en train de vendre de l’eau ou des biscuits ? », s’est-il interrogé, évoquant également les risques de trafic d’enfants, de kidnapping et d’exploitation économique auxquels ces mineurs sont exposés.
L’activiste insiste également sur la nécessité d’un accompagnement social après le retrait des enfants des rues ou des sites miniers. Pour lui, la répression seule ne suffira pas sans un véritable programme de réinsertion.
« Retirer les enfants de leur gagne-pain sans leur offrir une alternative, c’est les exposer encore davantage. Il faut les scolariser, les former à des métiers et les suivre jusqu’à leur autonomisation », a-t-il plaidé.
Mouctar Baldé appelle enfin à une implication conjointe des autorités locales, des forces de sécurité, des services sociaux et des citoyens afin de signaler et combattre toutes les formes d’exploitation des enfants en Guinée.







