Le ministre nigérien de la Défense a évoqué l’attaque qui a visé l’aéroport de Niamey ainsi que la base aérienne de Tahoua, survenue récemment. C’était lors d’une intervention publique à la RTN consacrée à la situation sécuritaire du pays. Salifou Mody a qualifié les faits d’« attentat commandité », évoquant l’implication de réseaux internes et externes.
Selon lui, une telle opération n’aurait pas pu être menée sans complicités locales. « On ne peut pas parcourir une telle distance jusqu’à Niamey sans être repéré. Cela signifie qu’il existe des relais sur place », a-t-il affirmé, pointant du doigt des « ennemis internes » acquis à la cause de groupes hostiles.
Le ministre a toutefois salué la réactivité des forces de défense et de sécurité, indiquant que plusieurs assaillants ont été neutralisés, tandis que d’autres ont été interpellés et auraient fourni des informations sur les commanditaires présumés.
Cette sortie intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par une recrudescence des attaques dans le pays. Le général Mody a insisté sur le fait que le Niger se considère désormais « en guerre », notamment depuis la réorientation de sa politique sécuritaire vers une prise en charge souveraine de sa défense.
« Dès lors que nous avons décidé d’assurer nous-mêmes la sécurité de notre territoire, nous sommes devenus une cible », a-t-il déclaré, évoquant une pression multiforme exercée contre le pays, allant des actions militaires aux sanctions économiques et médiatiques.
Réponse aux propos du général Lecointre
Le ministre a également réagi aux déclarations du général français François Lecointre, qui avait évoqué une possible recolonisation du Sahel. Une hypothèse qu’il a fermement rejetée, avertissant que toute tentative en ce sens se heurterait à une forte résistance.
Au cours de son intervention, Salifou Mody a rendu hommage aux soldats nigériens tombés sur le terrain, soulignant les sacrifices consentis par les forces armées et leurs familles.
Il a par ailleurs annoncé une volonté de moderniser l’appareil de défense, notamment à travers le développement d’une industrie militaire nationale. L’objectif affiché est de produire localement certains équipements, comme des drones ou des véhicules blindés, tout en diversifiant les partenariats pour l’acquisition de matériel militaire.
Enfin, le ministre a déploré certaines difficultés d’approvisionnement, affirmant que des commandes déjà payées auprès de partenaires occidentaux n’ont pas été livrées, poussant le Niger à se tourner vers d’autres fournisseurs.







