Cela fait deux mois que le voile du silence s’est abattu sur le destin de Moussa Kaka, figure incontournable du journalisme nigérien. Arrêté dans l’opacité la plus totale le 31 août 2026 à Niamey, le journaliste et patron de presse subit une détention au secret qui illustre la dérive autoritaire de la junte au pouvoir.
Malgré les interpellations répétées des organisations de défense des droits humains, de Reporters sans frontières (RSF) à Human Rights Watch (HRW), en passant par Amnesty International et les Nations unies, le pouvoir en place persiste dans sa logique d’arbitraire. Reconnaître du bout des lèvres qu’il est en vie ne suffit pas : maintenir un homme derrière des murs secrets, sans accès à sa famille, à ses conseils juridiques ou à un juge, bafoue les principes élémentaires de l’État de droit.
Le musellement systématique de la presse
Cette séquestration déguisée en procédure judiciaire n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un climat de terreur ciblant les voix indépendantes au Niger. En s’en prenant à un professionnel respecté qui compte plus de quarante ans de carrière, la junte envoie un message clair : tolérance zéro pour la vérité, la critique et l’investigation.
Pendant de longues semaines, les autorités ont nié ou gardé le silence, installant un climat d’angoisse intenable pour les proches du journaliste.
Soustraire un citoyen, et a fortiori un journaliste, à la protection de la loi bafoue les droits fondamentaux garantis par les traités internationaux.
Sa place est derrière un micro, pas derrière des barreaux
Face à cette dictature du silence, la solidarité internationale doit redoubler. Un pays ne grandit pas en réduisant ses meilleurs esprits au silence. La place de Moussa Kaka n’est pas dans une cellule secrète, mais sur le terrain, micro en main, à informer ses concitoyens.
Les autorités de Niamey doivent immédiatement rendre public son lieu de détention, lever les charges infondées qui pèsent sur lui et le libérer sans condition. Le journalisme n’est pas un crime.







