La marche de l’opposition congolaise organisée ce mardi dans la capitale a été marquée par de vives tensions entre les manifestants de la coalition C64 et des militants de l’UDPS, le parti présidentiel. La situation s’est particulièrement dégradée dans la commune de Limete, où le cortège a été confronté à des barricades érigées par des membres de la « Force du progrès », une structure de jeunesse affiliée à l’UDPS.
Partie de l’Échangeur de Limete en direction du boulevard Triomphal, la procession rassemblait plusieurs milliers de personnes venues dénoncer un projet de révision constitutionnelle qu’elles considèrent comme une tentative de permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. Selon plusieurs sources, les manifestants ont rencontré une forte résistance à hauteur de la 12ᵉ Rue de Limete, où des barrières avaient été dressées pour empêcher leur progression.
Face à la montée de la tension, des échauffourées ont éclaté entre les deux camps. Des journalistes présents sur place ont rapporté des affrontements entre militants pro-opposition et groupes favorables au pouvoir. La police nationale congolaise est alors intervenue en faisant usage de gaz lacrymogène afin de disperser les attroupements et de rétablir l’ordre. Les tirs de gaz ont provoqué un mouvement de panique parmi les manifestants, contraints de se disperser à plusieurs endroits du parcours.
Des témoins évoquent également plusieurs blessés à la suite des affrontements et de la dispersion du cortège. L’AFP</Agence France-Presse>, citée par plusieurs médias internationaux, rapporte qu’au moins deux personnes ont été blessées lors des incidents survenus dans la capitale.
Cette manifestation s’inscrit dans une journée nationale de mobilisation lancée par la coalition C64, qui regroupe plusieurs figures de l’opposition congolaise. La plateforme entend faire obstacle à toute modification de la Constitution susceptible de remettre en cause la limitation du nombre de mandats présidentiels. Depuis plusieurs mois, le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle alimente de fortes tensions politiques en République démocratique du Congo.
Au-delà de Kinshasa, des tensions ont également été signalées dans d’autres villes du pays, notamment à Lubumbashi, où des rassemblements de l’opposition ont été dispersés par les forces de l’ordre à l’aide de tirs de sommation et de gaz lacrymogène. Plusieurs interpellations y auraient été enregistrées.
Malgré les incidents, les organisateurs ont maintenu leur appel à la mobilisation, affirmant leur détermination à poursuivre les actions de sensibilisation contre toute modification de la Constitution. De leur côté, les autorités sécuritaires continuent de renforcer leur dispositif dans plusieurs points stratégiques de la capitale afin d’éviter une escalade des violences.







