L’arrestation récente de plusieurs femmes accusées d’entretenir des relations homosexuelles illustre le durcissement du climat à l’égard des personnes LGBT+ au Sénégal.
Dans un pays où l’homosexualité est déjà pénalisée par le code pénal, cette affaire intervient quelques mois après l’adoption d’une loi renforçant considérablement les sanctions visant les relations entre personnes de même sexe.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, ces interpellations témoignent d’un élargissement de la répression à des catégories jusque-là moins visibles dans les procédures judiciaires liées à l’homosexualité. Ces derniers mois, plusieurs arrestations d’hommes avaient déjà nourri l’inquiétude des militants des droits humains, dans un contexte marqué par une forte mobilisation politique et religieuse autour de cette question.
Le tournant a été acté en mars 2026, lorsque l’Assemblée nationale a adopté une réforme doublant les peines encourues pour les « actes contre nature », formule utilisée par la législation sénégalaise pour désigner les relations homosexuelles. Désormais, les personnes reconnues coupables s’exposent à des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant. La loi prévoit également des sanctions contre la « promotion » de l’homosexualité ainsi qu’un relèvement substantiel des amendes.
Portée par le gouvernement du premier ministre Ousmane Sonko et soutenue par une large majorité parlementaire, cette réforme a été présentée comme une réponse aux attentes d’une partie de l’opinion publique. Le pouvoir affirme défendre les valeurs culturelles et religieuses du pays face à ce qu’il considère comme des influences extérieures.
Les critiques n’ont toutefois pas tardé. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que plusieurs ONG internationales estiment que ce durcissement législatif contrevient aux engagements internationaux du Sénégal en matière de droits fondamentaux. Les défenseurs des droits humains redoutent une hausse des arrestations arbitraires, des dénonciations abusives et des violences visant les personnes LGBT+ ou celles perçues comme telles.
Dans ce contexte déjà tendu, l’arrestation de femmes accusées d’homosexualité apparaît comme un signal supplémentaire de l’extension de la répression. Pour les associations locales, elle confirme que la nouvelle séquence politique ouverte par le durcissement de la loi s’accompagne d’une surveillance accrue des personnes soupçonnées de ne pas se conformer aux normes sexuelles dominantes du pays.







