Washington étudie la possibilité de mener des frappes ciblées contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), principale organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda au Sahel. Révélée par le Washington Post, cette option militaire intervient alors que le groupe armé renforce son influence au Mali et dans les pays voisins. Mais au sein même de l’administration américaine, le débat est loin d’être tranché.
Selon plusieurs responsables américains cités par le quotidien américain, aucune décision définitive n’a encore été prise. Toutefois, l’hypothèse de frappes aériennes ciblées contre des positions du JNIM est actuellement examinée par l’administration du président Donald Trump. Si elle était mise en œuvre, l’opération marquerait une nouvelle intervention militaire américaine en Afrique de l’Ouest.
Le JNIM, qui a prêté allégeance à Al-Qaïda, est aujourd’hui considéré comme l’un des groupes armés les plus puissants du Sahel. Implanté durablement au Mali, il a progressivement étendu son rayon d’action au Burkina Faso et au Niger, tout en multipliant les attaques contre les forces de sécurité et les autorités locales. Plusieurs médias soulignent que la progression du groupe autour de Bamako nourrit les inquiétudes de Washington. [lefigaro.fr], [informatio…5monde.com]
Mais l’option militaire suscite des divergences à Washington. D’après les informations rapportées par le Washington Post, certains responsables de la sécurité nationale estiment qu’une intervention est nécessaire pour freiner l’expansion du mouvement jihadiste. D’autres mettent en garde contre les risques d’enlisement dans un environnement sécuritaire déjà extrêmement complexe.
L’un des principaux obstacles reste la présence russe au Mali. Depuis la rupture entre Bamako et plusieurs partenaires occidentaux, les autorités maliennes se sont rapprochées de Moscou. Des éléments de l’Africa Corps russe, qui a succédé au groupe Wagner, sont déployés aux côtés des forces maliennes. Dans ce contexte, toute opération américaine pourrait entraîner des complications diplomatiques et militaires supplémentaires.
Interrogée sur ces informations, la Maison-Blanche n’a pas confirmé l’existence d’un projet de frappes. Un responsable américain a toutefois indiqué que Washington encourageait les pays de la région à renforcer leurs capacités militaires, notamment par l’acquisition d’équipements et de services américains. Les États-Unis appellent également les partenaires régionaux à soutenir l’Alliance des États du Sahel dans sa lutte contre le JNIM et le groupe État islamique.
Pour l’heure, le Pentagone et les autorités maliennes n’ont pas officiellement commenté ces informations. Mais la simple évocation d’une possible intervention américaine remet en lumière les défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté plus de dix ans après le début des insurrections jihadistes dans le pays.







