Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a officiellement lancé ce lundi l’introduction en Bourse de sa raffinerie géante de Lagos, avec l’ambition affichée de permettre à jusqu’à 10 millions de petits investisseurs africains de devenir actionnaires de l’un des plus grands projets industriels du continent.
Présentée comme une« IPO pour le peuple », l’opération marque une étape majeure pour le groupe Dangote et pour les marchés financiers africains. La société Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals prévoit de lever environ 2 150 milliards de nairas (près de 1,4 milliard de dollars) à travers ce qui pourrait devenir la plus importante offre publique d’actions jamais réalisée en Afrique.
Lors de la cérémonie de lancement à Lagos, Aliko Dangote a insisté sur le fait que l’objectif principal n’était pas simplement de mobiliser des capitaux, mais d’élargir la propriété de la raffinerie à des millions d’Africains. « Nous voulons que le plus grand nombre possible d’Africains participe à cette aventure », a-t-il déclaré, en soulignant que même des salariés modestes, des chauffeurs, des cuisiniers ou des agents de sécurité, devraient pouvoir acquérir des actions de l’entreprise.
La raffinerie de Dangote, dont la construction a nécessité un investissement estimé à 20 milliards de dollars, est considérée comme la plus grande raffinerie à train unique d’Afrique. Elle constitue un élément clé de la stratégie du Nigeria pour réduire sa dépendance aux importations de carburants et renforcer sa sécurité énergétique.
Selon les documents approuvés par la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria, l’opération prévoit la mise sur le marché de 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas l’unité. L’investissement minimum a été fixé à dix actions, soit 5 250 nairas, afin de favoriser la participation des épargnants individuels.
L’offre publique doit s’ouvrir le 14 septembre et se clôturer le 13 octobre 2026, avant une cotation prévue à la Bourse nigériane (NGX). Les analystes estiment que cette entrée en Bourse pourrait valoriser la société à près de 49 milliards de dollars, faisant de l’opération l’une des plus importantes jamais réalisées sur les marchés africains.
Pour Dangote, cette ouverture du capital s’inscrit dans une vision plus large de partage de la création de richesse. Le milliardaire nigérian affirme vouloir permettre aux particuliers de profiter de la croissance de grandes entreprises africaines, à l’image des premiers investisseurs qui ont bénéficié de l’essor de géants mondiaux comme Amazon ou Coca-Cola.
Cette opération est également perçue comme un test majeur pour l’attractivité des marchés financiers africains. En attirant des millions de nouveaux actionnaires, elle pourrait contribuer à démocratiser l’investissement boursier sur le continent et à renforcer la participation des citoyens au financement de l’industrialisation africaine.
Si le pari est réussi, la raffinerie Dangote ne sera pas seulement un symbole de puissance industrielle. Elle pourrait aussi devenir l’exemple d’un capitalisme africain plus inclusif, où les fruits des grands projets économiques seraient partagés entre investisseurs institutionnels et citoyens ordinaires.







