La bataille autour de la présidence de l’Assemblée nationale sénégalaise est loin d’être terminée. Malgré une première décision défavorable de la Cour suprême, l’Union nationale pour l’intégrité et la souveraineté (UNIS) refuse de désarmer et annonce la poursuite de son combat judiciaire contre l’installation d’Ousmane Sonko à la tête de l’institution parlementaire.
Dans une ordonnance rendue en référé, le juge de la Cour suprême a déclaré irrecevable la demande introduite par l’UNIS visant à suspendre l’acte d’installation du leader de Pastef à la présidence de l’Assemblée nationale. Une décision que le mouvement conteste fermement, estimant qu’elle ne tranche pas le fond du dossier.
Dans un communiqué, l’organisation critique la position du juge des référés et soutient que des interrogations juridiques subsistent quant à la régularité de la procédure ayant conduit à l’installation d’Ousmane Sonko. Pour ses responsables, l’ordonnance ne constitue qu’une étape procédurale et ne préjuge en rien de l’issue du contentieux principal.
L’UNIS affirme ainsi maintenir son recours au fond et demande que les chambres réunies de la Cour suprême se prononcent sur l’affaire. Le mouvement estime qu’une décision collégiale de la haute juridiction permettrait de clarifier définitivement les questions juridiques soulevées et de mettre un terme aux controverses entourant ce dossier.
Cette nouvelle séquence illustre la judiciarisation croissante du débat politique au Sénégal. Depuis plusieurs années, les tribunaux sont de plus en plus sollicités pour arbitrer des différends institutionnels et électoraux, dans un contexte marqué par de profondes recompositions du paysage politique.
Pour les partisans de l’UNIS, l’affaire dépasse le cas d’Ousmane Sonko et soulève des enjeux liés au respect des procédures institutionnelles et à l’équilibre des pouvoirs. De leur côté, les soutiens du président de l’Assemblée nationale considèrent que la décision du juge des référés conforte la légalité du processus ayant conduit à son installation.
En attendant une éventuelle décision sur le fond, Ousmane Sonko demeure à la tête de l’Assemblée nationale. Mais la détermination affichée par l’UNIS laisse présager une poursuite du bras de fer judiciaire, dont l’issue pourrait contribuer à préciser la jurisprudence sénégalaise en matière de contrôle des actes institutionnels.







