Pendant près de cinq ans, il a incarné le pouvoir législatif de la transition. Vendredi 17 juillet, Dansa Kourouma s’apprête à vivre un basculement politique majeur : celui du passage du statut de président du Conseil national de la transition (CNT) à celui de député au sein de la nouvelle Assemblée nationale issue des élections législatives du 31 mai.
À la veille de l’installation officielle du Parlement, tous les regards convergent vers l’ancien patron du CNT. Figure centrale de l’architecture institutionnelle bâtie après le coup d’État de septembre 2021, Dansa Kourouma a présidé l’organe chargé d’exercer les fonctions législatives pendant la transition et d’accompagner les réformes voulues par le président Mamadi Doumbouya.
La séance inaugurale de vendredi marquera officiellement la fin de cette parenthèse. Convoquée par décret présidentiel, elle doit être consacrée à l’installation des 147 députés élus ainsi qu’à l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Une étape protocolaire en apparence, mais dont les enjeux politiques sont considérables.
Pour Dansa Kourouma, l’événement a une portée particulière. Celui qui présidait hier l’institution de transition se retrouve désormais plongé dans le jeu parlementaire classique, où son influence devra être confirmée par les équilibres nés des urnes. Son avenir politique dépendra notamment de sa capacité à conserver un rôle de premier plan dans la nouvelle Assemblée et, potentiellement, à peser dans le choix de son futur président.
L’installation du Parlement constitue également un moment symbolique pour le général Mamadi Doumbouya. Le chef de l’État a lui-même rencontré récemment les membres du CNT sortant, dans une séquence présentée comme le passage de relais entre l’organe de transition et les institutions appelées à fonctionner sous le nouveau cadre constitutionnel.
Mais au-delà des symboles, la nouvelle Assemblée sera rapidement confrontée à une question fondamentale : jusqu’où pourra-t-elle s’affirmer comme un véritable contre-pouvoir ? Durant la transition, le CNT a souvent été perçu comme accompagnant les orientations de l’exécutif. La nouvelle législature est désormais attendue sur sa capacité à exercer pleinement ses missions de contrôle de l’action gouvernementale et de représentation des citoyens.
Vendredi, les projecteurs seront donc braqués sur le Palais du peuple. Officiellement, il s’agira d’une simple séance inaugurale. Dans les faits, ce sera le premier test de la Guinée post-transition et, surtout, un moment décisif pour Dansa Kourouma, personnage clé d’un processus politique dont il a été l’un des principaux architectes.







