Le gouvernement nigérien a accusé lundi le Tchad d’avoir mené une frappe de drone sur son territoire, dans le nord-est du pays, avec le soutien de la France. Selon les autorités de Niamey, l’attaque a fait au moins deux morts parmi les civils, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
D’après un communiqué lu à la télévision publique, la frappe est survenue dans la nuit de vendredi à samedi dans la zone d’Emi Lulu, située dans la passe de Salvador, près de la frontière tchadienne. Le régime militaire nigérien affirme que le drone aurait décollé du territoire tchadien et bénéficié de l’« appui » d’une puissance étrangère désignée comme étant la France.
La junte au pouvoir au Niger, qui entretient depuis son arrivée de fortes tensions avec Paris et plusieurs pays voisins, a qualifié l’incident d’« acte d’agression » et de « violation flagrante de la souveraineté nationale ». Elle tient le Tchad pour « entièrement responsable » des conséquences de cette attaque.
Dans son communiqué, Niamey accuse également N’Djamena d’adopter depuis plusieurs mois une attitude hostile envers le Niger. Les autorités nigériennes reprochent au Tchad d’offrir une base arrière à des groupes armés qu’elles qualifient de mercenaires et qui s’en prendraient aux populations ainsi qu’aux infrastructures stratégiques et énergétiques du pays.
Ces nouvelles accusations interviennent dans un contexte déjà marqué par une détérioration des relations entre les deux voisins. En septembre dernier, le Niger avait affirmé que le Tchad était impliqué dans une tentative de mutinerie déjouée à Niamey, accusation qui avait contribué à accroître les tensions diplomatiques entre les deux États.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités tchadiennes ou françaises n’était rapportée. Les accusations de Niamey n’ont pas été corroborées de manière indépendante.







