Face à la recrudescence violente des attaques jihadistes à travers le pays, les autorités de transition s’enferment dans des réunions au sommet. Un exercice de communication qui ne parvient plus à masquer l’effondrement de leur stratégie sécuritaire.
À Bamako, les états-majors bruissent de nouveau des mêmes hésitations. Convoquée en urgence face à une vague d’offensives terroristes d’une ampleur inédite, la dernière réunion de crise tenue par la junte militaire sonne comme un aveu d’impuissance. Alors que les groupes armés étendent leur emprise et multiplient les assauts coordonnés, le pouvoir de transition semble à court d’options, prisonnier de ses propres choix stratégiques.
« Les réunions au sommet se succèdent à Bamako, mais sur le terrain, le vide sécuritaire ne fait que se creuser. »
Le naufrage du récit souverainiste
Pendant des années, le discours officiel a reposé sur une promesse simple : l’éviction des alliés traditionnels, le partenariat exclusif avec le groupe militaire privé russe Wagner/Africa Corps et une montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) devaient garantir le retour de la paix et de la souveraineté.
La réalité du terrain offre aujourd’hui un démenti cinglant à cette rhétorique. Les groupes insurgés ne se contentent plus d’incursions dans les zones rurales reculées. Ils menacent désormais les axes d’approvisionnement vitaux, ciblent les infrastructures stratégiques et étranglent progressivement les centres urbains.
La répression politique pour masquer l’échec
Faute de résultats sur le front sécuritaire, le régime militaire a fait le choix de la fermeture politique. Les voix critiques, qu’il s’agisse des journalistes, des acteurs de la société civile ou des figures de l’opposition, sont systématiquement réduites au silence sous couvert d’effort de guerre et de lutte contre la déstabilisation.
Cet argument sécuritaire, qui devait initialement justifier une période de transition temporaire, s’est mué en un prétexte permanent pour repousser sans cesse le retour à un ordre constitutionnel démocratique. En coupant le pays de ses partenaires régionaux et en étouffant le débat interne, la junte s’est privée des leviers politiques et diplomatiques indispensables pour mener une guerre contre-insurrectionnelle efficace.
La réouverture nécessaire de l’espace civique
Une réunion de crise de plus ne changera pas l’équation sur le terrain. Pour enrayer cette spirale d’instabilité, la junte doit impérativement réévaluer sa gouvernance interne. Rétablir un dialogue constructif avec les forces vives et les acteurs politiques civils constitue le premier pas indispensable vers la cohésion nationale.
Le retour indispensable au pragmatisme diplomatique
La sécurité du territoire national ne pourra pas s’assurer dans l’isolement. Il devient urgent pour le pouvoir militaire de renouer une coopération transfrontalière et sécuritaire pragmatique avec l’ensemble des pays voisins pour bloquer la progression des groupes armés.
L’urgence d’une légitimité constitutionnelle retrouvée
L’appareil militaire ne peut se substituer durablement aux institutions républicaines. La fixation d’un cap clair vers des élections libres reste la seule voie possible pour bâtir un pouvoir pleinement légitime, capable de restructurer durablement l’État et d’assurer la protection des populations.







