La Commission permanente du PAIGC s’est réunie jeudi 17 septembre, en format virtuel, pour rejeter et condamner la décision du Haut Commandement Militaire qui a émis un ordre d’expulsion de son siège, dans un délai qui se termine le 21 septembre.
L’écrasante majorité des dirigeants du PAIGC se trouve à Lisbonne, au Portugal, dans un apparent exil politique, c’est pour cela même qu’ils envisagent, pour la première fois, de tenir leur Congrès Ordinaire en format numérique, en octobre prochain.
La Commission permanente du PAIGC a souligné hier lors de sa réunion que seuls les Tribunaux ont la compétence d’ordonner une expulsion.
Mais la Commission politique a également appelé au dialogue pour que les parties en désaccord surmontent les crises cycliques auxquelles le pays est confronté depuis des décennies.
La Commission Permanente du PAIGC n’a pas mâché ses mots, rejetant purement et simplement la décision du Haut Commandement Militaire qui impose le déplacement des sièges des partis politiques situés à moins de 500 mètres d’entités souveraines, d’hôpitaux, d’unités militaires et paramilitaires ou de représentations diplomatiques.
La décision de la Commission politique du PAIGC a été prise lors d’un vote ce jeudi 17 septembre, au cours de la rencontre virtuelle dirigée par le leader du parti, Domingos Simões Pereira, depuis Lisbonne, où il se trouve en convalescence médicale.
Dans le document, le PAIGC qualifie la résolution du Haut Commandement Militaire d’expulser le parti d’Amílcar Cabral d’”illégale”, justifiant que les militaires n’ont pas l’autorité pour le faire.
Le PAIGC explique encore que l’entité qui a élaboré cette expulsion des partis politiques à 500 mètres n’a pas de fondement légal et que les décisions d’expulsion sont exclusives aux tribunaux.
La Commission politique permanente du PAIGC fait savoir à l’opinion publique nationale et internationale que le parti n’a encore reçu aucune notification officielle de la décision d’expulsion, cependant, elle souligne que, conformément à la Loi n° 3/91 du 7 mai, les installations du Siège National et des sièges régionaux sont le patrimoine du PAIGC.
Selon la décision, l’immeuble du Siège National a été donné au parti de manière définitive et gratuite après l’indépendance, comme forme de remerciement pour le rôle qu’il a joué dans la bataille pour l’indépendance nationale.
Le PAIGC a tourné ses batteries contre l’ex-président de la République, Umaro Sissoco Embaló, qu’il accuse d’avoir l’intention de retirer le parti de son Siège National, et estime que la récente résolution a pour objectif de matérialiser une telle intention.
Au terme de la réunion, la Commission politique Permanente a pris ces décisions :
1. Rejeter la résolution du Commandement Militaire, vu qu’elle vise à blesser le PAIGC et son histoire, tentant de dépouiller illégalement et abusivement le Siège National ;
2. Il est important de réaffirmer que les installations du Siège National et des sièges régionaux sont le patrimoine du PAIGC, et qu’aucune autre norme ne peut compromettre ce droit de propriété.
3. Utiliser tous les outils légaux possibles pour sauvegarder le patrimoine du parti, en particulier le Siège National, situé sur la Place des Héros Nationaux ;
4. Assumer la responsabilité du Commandement Militaire en cas de perte ou d’égarement de documents historiques stockés au Siège National ;
5. Orienter le Secrétariat National dans l’identification de lieux adéquats pour l’installation et le fonctionnement temporaire de la Commission Nationale Préparatoire du Congrès et du Secrétariat National du parti ;
6. Attirer l’attention des dirigeants, militants et sympathisants pour qu’ils suivent les directives de la Direction Supérieure du parti.
7. Instruire le Commandement Militaire à prioriser un dialogue national inclusif, à mettre fin à ce qu’il considère comme une persécution contre le PAIGC et à établir les conditions pour la restauration rapide de l’ordre constitutionnel







