Un rapport d’investigation publié par l’ONG The Sentry met à nu le double discours de la junte militaire de Bamako : sous couvert d’une « souveraineté retrouvée », le gouvernement de transition a délégué le contrôle de son espace aérien et la gestion de ses drones aux mercenaires russes de l’Africa Corps.
Alors que la junte malienne multiplie les déclarations sur l’émancipation du pays face aux forces étrangères, la réalité du terrain dépeinte par l’enquête de The Sentry s’avère bien plus sombre. L’utilisation des drones de combat (notamment les Bayraktar TB2), vantée par le régime comme l’arme décisive de la reconquête territoriale, est en réalité pilotée dans l’ombre par les troupes de Moscou.
Une souveraineté bradée au profit de mercenaires étrangers
Le rapport de The Sentry démontre la mainmise croissante des opérateurs de l’Africa Corps (ex-structure de Wagner) sur la chaîne de commandement des opérations aériennes. Loin de simples conseillers techniques. Les forces russes participent directement à la sélection des cibles, à l’analyse des images de reconnaissance et à l’exécution des frappes aériennes, réduisant les Forces armées maliennes (FAMa) à un rôle de figurants sur leur propre sol. L’usage massif des drones sans véritable maîtrise des renseignements tactiques entraîne une multiplication des bavures sanglantes au sein des communautés rurales.
Un bilan humain dramatique camouflé par la propagande
Le rapport pointe le coût humain catastrophique de cette campagne aérienne sans contrôle. Les frappes ciblant indistinctement des rassemblements civils, des marchés ou des points d’eau sous prétexte de lutte antiterroriste alimentent la colère des populations et renforcent le recrutement des groupes armés qu’elles prétendaient éliminer.
Plutôt que d’apporter la stabilité promise lors des coups d’État, l’alliance conclue par la junte militaire avec l’Africa Corps russe plonge le Mali dans un cycle de violations des droits humains, tout en maintenant le pays dans une dépendance militaire totale vis-à-vis d’opérateurs étrangers sans aucun contrôle démocratique ni reddition de comptes.







