L’Alliance des États du Sahel a réussi à fédérer les opinions publiques autour d’un même idéal de souveraineté. Mais à Bamako, Ouagadougou et Niamey, les citoyens attendent désormais que cet élan politique se traduise dans leur quotidien.
Trois ans après sa création, l’Alliance des États du Sahel (AES) a réussi un pari que peu d’observateurs jugeaient possible : s’imposer comme un acteur politique majeur en Afrique de l’Ouest. Née le 16 septembre 2023 autour du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l’alliance est devenue en quelques années une véritable confédération portée par un puissant discours de souveraineté.
Son principal succès est sans doute politique. Dans les trois pays, de nombreux citoyens voient dans l’AES une affirmation de l’indépendance face aux influences extérieures et une réponse aux frustrations accumulées envers les organisations régionales traditionnelles. L’organisation a également renforcé la coopération entre ses membres et favorisé un sentiment d’appartenance commune chez une partie de la jeunesse sahélienne.
Des bénéfices commencent aussi à apparaître sur le terrain. Les échanges entre les trois États se sont intensifiés et les populations des zones frontalières profitent progressivement d’une meilleure coordination administrative et politique. L’intégration régionale, longtemps restée théorique, prend peu à peu forme.
Mais l’AES reste confrontée à son défi fondamental : la sécurité. Malgré une coopération militaire renforcée, les groupes armés continuent de menacer plusieurs régions du Sahel. Pour les populations, le véritable test demeure le retour de la sécurité dans les villages, sur les routes et dans les marchés.
L’autre défi concerne l’économie. Si l’AES a gagné la bataille du récit souverainiste, elle doit encore convaincre sur le front du développement. Emploi, pouvoir d’achat, éducation et santé restent les préoccupations quotidiennes des citoyens.
Trois ans après son lancement, l’Alliance des États du Sahel a ravivé l’espoir et redonné confiance à une partie de ses populations. Mais son avenir dépendra moins de ses symboles que de sa capacité à produire des résultats concrets. La souveraineté a été proclamée. Il reste désormais à démontrer qu’elle peut améliorer durablement la vie des citoyens







