La disparition brutale de Moussa Kaka à Niamey vient une nouvelle fois braquer les projecteurs sur les méthodes liberticides de la junte militaire au pouvoir. Alors que le silence des autorités locales s’éternise, les acteurs de la défense de la presse et des droits humains pointent du doigt une stratégie délibérée d’intimidation visant à étouffer toute voix indépendante dans le pays.
L’ombre des disparitions forcées sous le règne des militaires
Depuis son départ des locaux de la station de radio Saraounia, Moussa Kaka, figure incontournable du paysage médiatique nigérien et ancien correspondant de RFI, demeure introuvable. Ce mutisme absolu du gouvernement de transition alimente les craintes les plus sombres : celles d’une arrestation arbitraire ou d’une disparition forcée opérée dans l’ombre par les services de renseignement.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une dérive autoritaire de plus en plus flagrante. Sous prétexte de souveraineté et de sécurité nationale, le pouvoir militaire verrouille progressivement l’espace public, traquant journalistes, opposants politiques et voix critiques. En privant la société civile de ses relais d’information essentiels, les autorités transforment la capitale en une zone de non-droit pour quiconque refuse de s’aligner sur le récit officiel.
Une liberté de la presse méthodiquement asphyxiée
L’inquiétude formulée par les organisations internationales, à l’instar de Reporters sans frontières (RSF) ou d’Human Rights Watch, souligne l’urgence de la situation. La liberté de la presse au Niger subit un recul inédit, piétinée par un régime qui tolère de moins en moins le pluralisme et la contradiction.
En ciblant un journaliste chevronné comme Moussa Kaka, le pouvoir en place envoie un message glaçant à l’ensemble de la profession : l’investigation et l’impartialité sont désormais assimilées à des actes de défiance. Si la responsabilité de la junte dans ce dossier venait à être formellement confirmée, cela marquerait un franchissement supplémentaire dans l’arbitraire et la répression d’État.







