L’Alliance des États du Sahel (AES) est aujourd’hui confrontée aux réalités directes de ses choix politiques. Si la rhétorique officielle des régimes autoritaires met en avant la souveraineté retrouvée et la rupture avec les partenaires traditionnels, le bilan économique réel dessine une trajectoire d’instabilité, d’isolement diplomatique et d’alourdissement des conditions de vie pour les populations.
Des prévisions de croissance dégradées et une inflation persistante
Les coups d’État successifs ont entraîné une hausse continue du risque pays. La perturbation des circuits commerciaux, le gel ponctuel des avoirs par la CEDEAO et le ralentissement des investissements directs étrangers (IDE) ont affaibli les économies locales. L’inflation subie par les ménages, en particulier sur les produits de première nécessité et les denrées alimentaires, contredit les promesses d’amélioration rapide du pouvoir d’achat formulées lors des prises de pouvoir.
Le coût économique de la rupture avec la CEDEAO
La décision d’interrompre brusquement leur participation à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prive ces pays sans littoral d’un accès facilité aux corridors maritimes voisins (notamment au Sénégal ou en Côte d’Ivoire). Le rétablissement de barrières douanières, le renforcement des contrôles aux frontières et la hausse des tarifs logistiques pèsent directement sur la compétitivité du secteur privé local.
Effondrement des finances publiques et contraction de l’aide internationale
La suspension ou la réduction drastique de l’aide publique au développement par les partenaires occidentaux et les bailleurs multilatéraux a laissé un trou béant dans les budgets nationaux. Pour financer un appareil coercitif et sécuritaire en hausse constante, les juntes réduisent les dépenses sociales prioritaires (santé, éducation, infrastructures basiques) et multiplient les prélèvements fiscaux exceptionnels, asphyxiant davantage les petites et moyennes entreprises (PME).
Un climat des affaires profondément altéré
L’incertitude juridique, le rejet des cadres de coopération internationaux établis et la précarité institutionnelle découragent les investisseurs. Le secteur privé, tant national qu’étranger, opère dans l’attente, ce qui freine la création d’emplois et aggrave le sous-emploi des jeunes, créant ainsi un terreau favorable à la détérioration continue du tissu socio-économique.







