La décision du PASTEF de ne pas participer au gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo provoque déjà des secousses au sein du parti. Alors que la formation d’Ousmane Sonko a officiellement décliné toute participation à la nouvelle équipe, plusieurs responsables réputés proches du mouvement, maintenus à des postes ministériels, commencent à subir les premières pressions de leur base.
À Bignona, la contestation vise déjà Yankhoba Diémé, nommé ministre des Forces armées. Dans son fief politique, des responsables locaux du PASTEF affirment qu’il a été retiré des plateformes de communication de la section départementale, une manière, selon eux, de marquer leur désaccord avec son maintien dans un gouvernement boycotté par le parti.
Même climat à Podor autour d’Ibrahima Sy. Reconduit au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le chercheur et homme politique a été écarté des espaces de communication du PASTEF local, notamment d’un groupe WhatsApp de coordination, selon des responsables du département.
Ces deux cas ne sont pas isolés. D’autres figures identifiées comme proches du PASTEF figurent dans le nouvel attelage gouvernemental, notamment Moussa Balla Fofana, maintenu au ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, ainsi qu’Alioune Dione, reconduit à la tête du ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire.
Pour l’heure, la direction nationale du parti n’a annoncé aucune sanction. Mais sur le terrain, le message envoyé par certaines bases locales est clair : difficile, pour une partie des militants, de comprendre la présence de cadres du PASTEF dans un gouvernement dont le parti a publiquement refusé de faire partie.
Lundi, dans un communiqué, le Comité exécutif du PASTEF avait pourtant été catégorique : la formation ne participera pas au gouvernement et n’y sera représentée « par aucun ministre ». Derrière les prises de position locales, une question commence déjà à circuler : le parti ira-t-il jusqu’à sanctionner les responsables concernés ou laissera-t-il la contestation se gérer à la base ?






