L’émotion et l’incompréhension continuent de régner au Kenya au lendemain de l’incendie meurtrier qui a ravagé un dortoir d’un pensionnat de filles dans le comté de Nakuru. Le sinistre, survenu peu après minuit, a coûté la vie à seize élèves et fait 79 blessés, plongeant de nombreuses familles dans une attente douloureuse.
Ce vendredi 29 mai 2026, des dizaines de proches se trouvaient toujours devant l’établissement, à la recherche d’informations sur le sort de leurs enfants. Plusieurs familles dénoncent des communications confuses de la part des autorités, alors que l’identification des victimes n’a pas encore été achevée selon les témoignages recueillis par nos confrères d’Afrca news.
« Les autorités nous donnent des informations contradictoires. Tantôt elles affirment que les enfants se trouvent à l’hôpital universitaire Kenyatta de Nairobi, tantôt qu’ils sont à Naivasha », a déploré le père d’une victime. « Aujourd’hui, nous avons accepté une réalité douloureuse : nos enfants ne sont plus là. Ce que nous voulons désormais, c’est savoir où se trouvent les dépouilles de nos filles », a-t-il ajouté.
Selon les premiers éléments de l’enquête, huit élèves ont été interpellées, soupçonnées d’être impliquées dans l’origine volontaire de l’incendie. Les autorités examinent également les conditions de sécurité de l’établissement, qui ne respecterait pas certaines normes en vigueur.
Les seize corps ont été transférés dans la morgue d’un hôpital public afin de permettre leur identification. Les autorités ont opté pour des analyses ADN, les dépouilles ayant été gravement endommagées par les flammes.
« Nous nous sommes réunis pour définir les modalités des tests ADN. L’état des corps ne permet pas une identification visuelle en raison de l’ampleur des brûlures », a expliqué Joyce Ncece, responsable de la gestion des catastrophes du comté de Nakuru. « C’est pourquoi nous procédons à des analyses ADN afin d’identifier formellement les victimes », a-t-elle précisé.
Parmi les 79 blessés recensés, sept demeurent hospitalisés. Les autorités n’ont pas encore communiqué le nombre exact d’élèves qui se trouvaient dans le dortoir au moment du drame.
Cette tragédie remet une nouvelle fois en lumière la question de la sécurité dans les établissements scolaires kényans. Les incendies d’écoles restent fréquents dans le pays. Depuis 2024, plus d’une douzaine de cas ont été enregistrés. Le Kenya avait déjà connu une vague particulièrement inquiétante en 2016, lorsque 117 incendies volontaires avaient été signalés dans des écoles secondaires en l’espace de trois mois.
Alors que les enquêtes se poursuivent, les familles endeuillées attendent désormais des réponses, mais surtout la confirmation de l’identité de leurs proches, dans l’espoir de pouvoir enfin leur rendre un dernier hommage.







