La pression monte sur les forces de sécurité de Bissorã. En déplacement dans cette ville du nord de la Guinée-Bissau, une mission de haut niveau conduite par le secrétaire d’État à l’Ordre public, le major-général Salvador Soares, a adressé un message sans ambiguïté aux responsables locaux de la police et de la Garde nationale : les auteurs du meurtre de Mamadou Bailo Kanté doivent être identifiés et arrêtés dans les plus brefs délais.
Le ressortissant guinéen, originaire de Guinée-Conakry, a été tué dans la nuit du 29 juin alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail, une boulangerie artisanale dont le four fonctionne au bois. Un crime qui a suscité l’émoi dans la région et placé les autorités sous pression.
Accompagné du commissaire national de la Police de l’ordre public (POP), Mussa Na M’Batcha, et du commandant des opérations de la Garde nationale, le lieutenant-colonel Maurício Yala, Salvador Soares a convoqué les responsables sécuritaires de la province du Nord. Face au commandant provincial, le lieutenant-colonel António Gomes da Silva, il a exigé des résultats rapides dans l’enquête.
Au-delà de cette affaire, les autorités entendent reprendre la main sur la question sécuritaire dans cette zone du pays. Le secrétaire d’État a notamment appelé à renforcer la lutte contre les vols de bétail — un phénomène récurrent qui touche les éleveurs de la région — ainsi que contre les violences sexuelles visant des mineurs, sujet de préoccupation croissante pour de nombreuses familles.
Pour soutenir les opérations, le ministère de l’Intérieur et de l’Ordre public a mis à la disposition du commissariat de Bissorã un nouveau véhicule. En contrepartie, les autorités attendent des résultats concrets, notamment l’arrestation des suspects dans l’affaire Kanté avant le 10 juillet.
Devant les policiers, Salvador Soares a également dénoncé le manque d’initiative de certains agents. Selon lui, les forces de l’ordre doivent abandonner une culture de l’attentisme et privilégier une présence accrue sur le terrain. « Vous devez faire de la police de proximité pour dissuader les délinquants et garantir un climat d’ordre et de tranquillité », a-t-il insisté.
Le commissaire national Mussa Na M’Batcha s’est montré encore plus direct. Critiquant les policiers qui invoquent les intempéries pour éviter les patrouilles, il a promis des sanctions contre ceux qui se soustraient à leurs missions. « La pluie est le parfum des hommes en uniforme », a-t-il lancé, avant d’avertir qu’il traiterait désormais ce type de comportement avec fermeté.
Cette visite illustre la volonté des autorités bissau-guinéennes de reprendre l’initiative face à la montée de l’insécurité locale, tout en affichant une exigence accrue envers les forces chargées du maintien de l’ordre.







