En s’emparant du pouvoir par la force, la junte militaire au Niger avait promis la souveraineté, la justice et la sécurité.
Aujourd’hui, le constat est implacable : la réalité de ce régime se résume à la traque des voix dissonantes et au piétinement systématique des libertés fondamentales.
Le dernier avis rendu par l’ONU concernant le sort de l’éminent militant Moussa Tchangari ne fait que confirmer ce que les observateurs dénoncent depuis des mois. La détention du secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyensest officielle, formelle et juridiquement qualifiée d’arbitrairepar les Nations Unies, qui exigent sa libération immédiate.
Arrêté en décembre 2024, Moussa Tchangari est le symbole d’une société civile nigérienne muselée sous de fallacieux prétextes. Accusé d’« atteinte à la défense nationale », le canevas classique utilisé par les régimes autoritaires pour faire taire les gêneurs , ce défenseur historique des droits humains paie le prix fort pour avoir simplement exercé son droit constitutionnel à la liberté d’expression. Les experts onusiens mettent en lumière une procédure truffée d’irrégularités flagrantes, l’absence totale de preuves tangibles et un usage manifestement abusif des lois antiterroristes et de sécurité nationale.
En refusant de répondre aux sollicitations de l’ONU et en maintenant le militant derrière les barreaux de la prison de Fingué, la junte ne fait pas preuve de fermeté ; elle affiche sa propre faiblesse. Un gouvernement sûr de sa légitimité et soutenu par son peuple n’aurait pas besoin d’emprisonner les intellectuels, les journalistes et les syndicalistes pour régner. L’autocensure est devenue la règle à Niamey, dictée par la peur des représailles et des disparitions forcées.
Cet appel direct des Nations Unies place la junte face à ses propres contradictions. On ne bâtit pas une nation souveraine sur les débris des droits de l’homme, ni en transformant l’appareil judiciaire en bras armé de la répression politique. Si les autorités militaires veulent conserver un semblant de crédibilité internationale et honorer l’histoire de dialogue du Niger, elles n’ont d’autre choix que de libérer sans condition Moussa Tchangari ainsi que tous les autres prisonniers d’opinion qui croupissent dans leurs geôles.







