Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont franchi une nouvelle étape dans leur prise de distance avec les institutions internationales. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement notifié à l’ONU leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), une décision qui ne prendra effet qu’en 2027.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a enregistré les notifications de retrait transmises par les trois États sahéliens. Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, ce retrait n’entrera en vigueur qu’un an après la réception des notifications, soit en juin 2027 pour les pays concernés.
Cette décision s’inscrit dans la ligne politique défendue depuis plusieurs mois par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les trois gouvernements accusent la juridiction basée à La Haye d’être instrumentalisée à des fins politiques et de manquer d’impartialité dans le traitement des dossiers africains, notamment ceux liés aux droits humains et aux conflits armés.
Pour les autorités de l’AES, ce retrait constitue avant tout un acte de souveraineté judiciaire. Les dirigeants sahéliens dénoncent ce qu’ils considèrent comme une justice internationale sélective, longtemps accusée par plusieurs États africains de concentrer une grande partie de ses enquêtes sur le continent.
La CPI a, de son côté, regretté cette décision tout en rappelant que les trois pays demeurent liés à leurs obligations jusqu’à la date effective de leur retrait. Les enquêtes et procédures ouvertes avant cette échéance continueront donc de suivre leur cours, et les États concernés resteront tenus de coopérer avec la Cour.
Au-delà de sa portée juridique, cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie de rupture engagée par les pays de l’AES vis-à-vis de plusieurs organisations et mécanismes internationaux. Elle pourrait également relancer le débat sur l’avenir de la justice pénale internationale en Afrique et sur la capacité des États à poursuivre eux-mêmes les auteurs des crimes les plus graves.







