Le président congolais Félix Tshisekedi a entrouvert mercredi une porte que beaucoup pensaient verrouillée : celle d’un éventuel troisième mandat. La clé ? Un référendum constitutionnel, qui permettrait de revoir une Constitution pourtant claire sur la limite de deux mandats.
Au pouvoir depuis 2019, l’homme fort de Kinshasa assure ne rien demander : « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat », affirme-t-il, tout en précisant qu’il ne s’opposerait pas à la volonté populaire si celle-ci devait s’exprimer en sa faveur. Toute révision, insiste-t-il, passerait par le peuple, même si sa large majorité parlementaire pourrait théoriquement s’en charger sans consultation.
L’opposition, déjà affaiblie par les urnes, voit dans ces déclarations la confirmation de manœuvres amorcées depuis 2024 pour prolonger son règne. Le président, lui, se défend : il ne s’agit pas de s’accrocher au pouvoir, mais de « servir le pays ».
Autre sujet sensible : l’élection présidentielle de 2028. Félix Tshisekedi n’exclut pas un report si la guerre se poursuit dans l’est du pays. Pas question, selon lui, d’organiser un scrutin sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, régions stratégiques tombées en partie sous le contrôle du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda.
La guerre, rappelle-t-il, lui aurait été « imposée ». Malgré un accord de paix signé début décembre à Washington sous médiation américaine, les combats continuent, preuve de la fragilité du cessez-le-feu.
Cet accord comporte par ailleurs un volet économique : garantir à l’industrie américaine l’accès aux minerais stratégiques congolais. Des réformes, notamment judiciaires, ont été exigées par Washington, et certaines nécessiteraient une révision constitutionnelle, selon le président. Il assure toutefois n’avoir « bradé aucune richesse » ni compromis la souveraineté nationale.
Sur fond de sanctions américaines contre l’ex-président Joseph Kabila et de coopération migratoire avec les États-Unis, Félix Tshisekedi assume ses choix diplomatiques. Et balaye les soupçons : réfléchir à la Constitution ne veut pas dire préparer un troisième mandat.







