Fermée depuis plus de deux mois en raison de l’offensive lancée en décembre par le groupe armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la frontière terrestre avec le Burundi a rouvert lundi matin, ont annoncé les autorités locales congolaises et un responsable de la police burundaise.
Le poste de Kavimvira, situé sur les rives nord du lac Tanganyika entre Uvira (Sud‑Kivu) et Bujumbura, a repris ses activités à 8h00 locales (6h00 GMT). Ce point de passage est crucial pour les échanges commerciaux entre les deux pays.
« La frontière est rouverte à partir de ce lundi matin, les gens traversent », a déclaré à l’AFP Jean‑Jacques Purusi, gouverneur du Sud‑Kivu.
Un agent du Commissariat général des migrations (CGM) burundais a également confirmé la reprise des mouvements : « On voit beaucoup de Congolais qui retournent chez eux », a‑t‑il indiqué sous couvert d’anonymat.
La fermeture du poste en décembre avait fortement perturbé l’économie locale, les échanges se maintenant uniquement par voie lacustre via le lac Tanganyika.
Une décision liée à l’offensive du M23 en décembre
Le Burundi avait fermé sa frontière après l’avancée du M23 sur la cité stratégique d’Uvira.
Le groupe armé, actif depuis 2021 avec le soutien présumé du Rwanda, s’était emparé de larges zones de l’est congolais et avait mené en décembre une offensive à proximité directe de Bujumbura.
Selon plusieurs spécialistes, cette approche de la capitale économique burundaise visait à affaiblir la coopération militaire entre le Burundi et Kinshasa, Bujumbura ayant déployé des milliers de soldats aux côtés de l’armée congolaise dans les montagnes du Sud‑Kivu pour contenir le M23.
Retrait du M23 en janvier et reprise du contrôle d’Uvira
En janvier, le M23 s’est retiré d’Uvira, affirmant répondre à une demande américaine.
L’armée congolaise a annoncé avoir repris immédiatement le contrôle de la cité après le retrait.
Mais malgré la réouverture du poste de Kavimvira, tous les autres points frontaliers entre la RDC et le Burundi, situés le long de la plaine de la Ruzizi — où le M23 reste encore déployé — restent fermés.
Des dizaines de milliers de déplacés
L’offensive de décembre avait provoqué un vaste mouvement de population : des dizaines de milliers de Congolais ont fui vers le Burundi, selon les Nations unies.
Cette nouvelle flambée de violence dans une région ravagée par trois décennies de conflits a également ravivé les tensions entre le Rwanda et le Burundi, allié militaire de Kinshasa.







