Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services en vue de la mise en place d’un nouveau programme d’appui financier d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans, marquant une étape importante dans les efforts du pays pour restaurer l’équilibre de ses finances publiques et retrouver la confiance des partenaires internationaux.
Selon le FMI, cet accord porte sur une Facilité élargie de crédit (FEC) couvrant la période 2026-2029. Le programme reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration de l’institution financière internationale avant son entrée en vigueur.
La cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, a indiqué que ce programme vise à soutenir les réformes économiques engagées par les autorités sénégalaises afin de rétablir la stabilité macroéconomique, renforcer la viabilité de la dette publique et favoriser une croissance durable tirée par le secteur privé. Il prévoit également un renforcement de la transparence budgétaire, une amélioration de l’environnement des affaires et une hausse des dépenses sociales.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’économie sénégalaise. Les relations entre Dakar et le FMI avaient été fortement perturbées après la révélation de dettes non déclarées contractées sous la précédente administration. Cette situation avait conduit le Fonds à suspendre un précédent programme de financement de 1,8 milliard de dollars et à engager de longues discussions avec les nouvelles autorités sur les mesures de redressement à mettre en œuvre.
Le FMI estime que la dette publique du Sénégal a atteint environ 132 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau considéré comme préoccupant pour la soutenabilité budgétaire du pays. Face à cette situation, les autorités sénégalaises ont manifesté leur intention de solliciter un traitement de leur dette afin de rétablir une trajectoire financière plus soutenable.
Avant l’approbation définitive du programme, le Sénégal devra toutefois remplir plusieurs conditions. Le FMI a notamment souligné la nécessité de prendre des « mesures correctives résolues » liées aux précédentes déclarations erronées de données financières et d’obtenir les assurances de financement nécessaires auprès de ses partenaires.
Pour les autorités sénégalaises, cet accord représente un signal positif susceptible de rassurer les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux. S’il est validé par le conseil d’administration du FMI, il pourrait fournir au pays une marge de manœuvre financière importante pour accompagner les réformes économiques tout en soutenant les dépenses prioritaires dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. [imf.org], [lefigaro.fr]
L’accord constitue ainsi une étape majeure dans la normalisation des relations entre Dakar et le FMI et pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase de coopération destinée à restaurer la crédibilité financière du Sénégal sur la scène internationale.







