À Lomé, l’opposition togolaise tente de retrouver une voix commune. Plusieurs partis politiques, dont l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre et l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), ont annoncé mardi la création d’un front commun destiné à combattre la Constitution adoptée en 2024, qu’ils considèrent comme une menace pour l’alternance démocratique.
Plus de deux ans après l’adoption de la nouvelle Loi fondamentale, le débat sur l’avenir institutionnel du Togo continue de cristalliser les tensions politiques. Réunis à Lomé, les dirigeants de plusieurs formations de l’opposition ont affiché leur volonté de coordonner leurs actions afin de faire barrage à un texte qu’ils jugent controversé.
Pour les responsables de cette coalition naissante, la Constitution de 2024 marque une rupture avec les acquis démocratiques obtenus au fil des décennies. Ils dénoncent notamment les dispositions ayant conduit à la mise en place de la Ve République et à une nouvelle architecture institutionnelle qui, selon eux, concentre davantage le pouvoir entre les mains de l’exécutif.
« Face aux défis que pose ce nouveau cadre constitutionnel, l’unité de l’opposition est devenue une nécessité », a déclaré un responsable politique présent à la rencontre. Les partis signataires estiment que leurs divergences doivent désormais s’effacer devant ce qu’ils considèrent comme un enjeu majeur pour l’avenir du pays.
Parmi les principaux animateurs de ce front figurent l’ANC de Jean-Pierre Fabre, figure historique de l’opposition togolaise, et l’ADDI, emmenée par le professeur Aimé Gogué. D’autres organisations politiques et acteurs de la société civile pourraient rejoindre l’initiative dans les prochaines semaines, selon les promoteurs du projet.
Cette tentative de rassemblement intervient dans un contexte marqué par une recomposition du paysage politique togolais. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, les opposants dénoncent une réforme adoptée sans consensus national suffisamment large. Le pouvoir, de son côté, défend un texte qu’il présente comme une modernisation des institutions et un moyen de renforcer la stabilité politique.
Au-delà de la contestation du cadre constitutionnel, le nouveau front commun entend également relancer la mobilisation citoyenne. Ses responsables annoncent une série de consultations et d’activités destinées à sensibiliser l’opinion publique aux conséquences qu’ils attribuent à la réforme.
Reste à savoir si cette nouvelle alliance parviendra à dépasser les divisions qui ont longtemps affaibli l’opposition togolaise. Dans un pays où les tentatives de regroupement ont souvent été compromises par des rivalités internes et des stratégies divergentes, le défi de l’unité demeure entier. Mais pour ses initiateurs, la bataille contre la Constitution de 2024 pourrait constituer le terrain d’entente capable de fédérer durablement les forces contestataires.
En faisant front commun, l’ANC, l’ADDI et leurs alliés espèrent ainsi redonner de la visibilité à une opposition en quête de souffle et peser davantage dans le débat sur l’avenir institutionnel du Togo.







