Huit mois après sa prise du pouvoir à la faveur du coup d’État du 26 novembre 2025, le chef de la transition bissau-guinéenne, le général Horta N’Tam, effectue sa première visite officielle à l’étranger. Le dirigeant est attendu à N’Djamena pour participer aux célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance du Tchad, à l’invitation du président Mahamat Idriss Déby Itno.
Au-delà du caractère protocolaire de cette visite, ce déplacement revêt une dimension politique importante pour le régime de transition installé à Bissau. Depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embaló et la suspension du processus électoral, la Guinée-Bissau évolue dans un contexte d’isolement diplomatique marqué. La CEDEAO et l’Union africaine ont suspendu le pays de leurs instances, tandis que plusieurs partenaires régionaux ont pris leurs distances avec les nouvelles autorités.
Dans ce contexte, la présence du général Horta N’Tam aux cérémonies du 11 août apparaît comme une opportunité de rompre cet isolement et de réaffirmer sa volonté de dialoguer avec ses partenaires africains. Selon la présidence tchadienne, le dirigeant bissau-guinéen est invité à assister aux défilés militaires organisés à l’occasion de la fête nationale, mais aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur le programme de sa visite.
Cette séquence intervient alors que la transition bissau-guinéenne entre dans une phase décisive. Un référendum constitutionnel doit se tenir le 30 août avant l’organisation d’une élection présidentielle prévue le 6 décembre. Ces échéances sont présentées par les autorités comme les principales étapes devant conduire au retour à l’ordre constitutionnel.
La visite intervient également quelques jours après le déplacement à Bissau d’une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang. Mandaté par la CEDEAO, le Sénégal poursuit une médiation visant à accompagner la transition et à favoriser une sortie de crise consensuelle.
Le choix du Tchad comme première destination internationale n’est pas anodin. Les relations entre N’Djamena et Bissau se sont sensiblement renforcées ces dernières années. La visite de Mahamat Idriss Déby en Guinée-Bissau en 2025 avait débouché sur la signature de plusieurs accords sectoriels et ouvert une nouvelle phase de coopération bilatérale entre les deux pays.
Pour le général Horta N’Tam, ce déplacement constitue donc un test diplomatique. Dans un environnement régional encore marqué par les réticences suscitées par le coup d’État de novembre 2025, il s’agit de démontrer que la transition bissau-guinéenne demeure engagée sur la voie d’un retour progressif à la normalité institutionnelle.
Au-delà des cérémonies du 11 août, c’est surtout la capacité du dirigeant bissau-guinéen à regagner une crédibilité régionale qui sera observée à N’Djamena. Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à plusieurs transitions politiques, chaque geste diplomatique est désormais scruté comme un indicateur des rapports de force à venir.







