Le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona ne cache plus son désenchantement vis-à-vis de son pays natal. Invité au Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, au Maroc, qui s’est achevé fin juin, l’artiste a livré à la Deutsche Welle un regard particulièrement critique sur la situation politique et sociale au Cameroun.
Installé à l’étranger depuis de nombreuses années, le musicien estime que les conditions ne sont pas réunies pour envisager un retour prochain dans son pays. Au-delà de ses critiques envers les dirigeants, Richard Bona dit également s’inquiéter de l’état de la société camerounaise et du manque de mobilisation face aux difficultés que traverse le pays.
L’artiste, connu pour ses prises de position sans concession, regrette ce qu’il considère comme une banalisation de certaines pratiques et une dégradation des valeurs civiques. Dans son entretien, il se montre particulièrement sévère à l’égard d’une partie de la jeunesse camerounaise, qu’il juge gagnée par la corruption et le conformisme.
Pour Richard Bona, les problèmes du Cameroun ne peuvent être imputés aux seuls responsables politiques. Selon lui, une partie de la société porte également une responsabilité dans le maintien d’un système qu’il critique depuis plusieurs années.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs personnalités de la diaspora camerounaise expriment régulièrement leurs préoccupations concernant la gouvernance, les libertés publiques et les perspectives offertes à la jeunesse.
Malgré ses critiques, l’auteur de Tiki et Munia demeure l’une des figures culturelles africaines les plus respectées sur la scène internationale. Son attachement au Cameroun reste intact, mais il estime que des changements profonds sont nécessaires avant d’envisager un retour durable dans son pays d’origine.
À Essaouira, où il participait à l’un des plus prestigieux festivals du continent africain, Richard Bona a ainsi mêlé musique et engagement, fidèle à une tradition qui fait de lui non seulement un artiste reconnu, mais aussi une voix influente du débat public africain.







