Le Tchad a annoncé, lundi 27 juillet 2026, son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), marquant un nouveau tournant dans les relations entre plusieurs États africains et la juridiction basée à La Haye. Les autorités tchadiennes ont officiellement notifié leur décision au Secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome.
Dans un communiqué, le gouvernement de N’Djamena explique cette décision par ce qu’il considère comme une justice « à géométrie variable » et une concentration excessive des activités de la Cour sur les pays africains. Selon les autorités tchadiennes, neuf des treize enquêtes ouvertes par la CPI concernent des États africains, alimentant le sentiment d’une justice sélective.
Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, a estimé que son pays « ne se sentait plus en phase » avec le fonctionnement actuel de l’institution. Il a également appelé les autres États africains membres de la CPI à réexaminer leur participation à la Cour.
Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont eux aussi engagé ou annoncé des démarches similaires de retrait, dénonçant ce qu’ils qualifient d’instrumentalisation politique de la juridiction internationale.
Membre de la CPI depuis 2006, le Tchad précise toutefois que son retrait ne remet pas en cause son engagement en faveur de la lutte contre l’impunité. Le gouvernement affirme vouloir privilégier le renforcement des mécanismes judiciaires africains pour juger les crimes les plus graves sur le continent.
Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le retrait du Tchad ne prendra effet qu’un an après la réception officielle de la notification par les Nations unies. D’ici là, le pays demeure lié à ses obligations envers la Cour.
Une décision qui relance le débat sur la place de l’Afrique au sein de la justice pénale internationale et sur l’avenir de la CPI dans un contexte de contestation croissante de son action sur le continent.







