À quelques mois du référendum constitutionnel annoncé par le président Bassirou Diomaye Faye, le Parti démocratique sénégalais (PDS) a choisi son camp. Dans un communiqué rendu public le 30 juin, la formation politique de l’ancien président Abdoulaye Wade exhorte ses militants ainsi que l’ensemble des électeurs sénégalais à voter massivement « non » au projet de réforme constitutionnelle porté par la majorité au pouvoir.
Cette prise de position, qui s’inscrit dans un contexte politique déjà marqué par de vives tensions entre le pouvoir et l’opposition, confirme la volonté du PDS de se poser en principal rempart contre les réformes institutionnelles défendues par le camp présidentiel.
Dans son communiqué, le parti dirigé de fait par Karim Wade se dit satisfait que le projet soit soumis au suffrage populaire, tout en rejetant fermement son contenu. Le PDS estime que les modifications envisagées de la Constitution répondent davantage à des considérations politiques qu’à un intérêt national. Le texte accuse notamment le Premier ministre Ousmane Sonko de chercher à remodeler les équilibres institutionnels à son avantage.
Le parti va plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de « tentative de coup d’État institutionnel », estimant que certaines réformes pourraient fragiliser les institutions et ouvrir la voie à une crise politique majeure. Le PDS appelle ainsi les Sénégalais à se mobiliser pour défendre, selon ses termes, les principes démocratiques et les libertés publiques.
Cette sortie illustre la stratégie de reconquête politique engagée par Karim Wade depuis plusieurs années. Malgré son éloignement de la scène politique sénégalaise, l’ancien ministre conserve une influence importante au sein du PDS, où il demeure la principale figure de référence. En appelant à voter « non », il cherche également à fédérer les différentes sensibilités de l’opposition autour d’un mot d’ordre commun face au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko.
Au-delà de l’enjeu constitutionnel, le référendum apparaît déjà comme un test politique grandeur nature pour le nouveau pouvoir. Pour l’opposition, le scrutin sera l’occasion de mesurer sa capacité de mobilisation après la présidentielle de 2024. Pour le camp gouvernemental, il s’agira au contraire de démontrer que son agenda de réformes bénéficie toujours d’un soutien populaire solide.
Dans un climat politique de plus en plus polarisé, la campagne référendaire s’annonce comme l’un des moments forts de la vie politique sénégalaise en 2026.







