Une nouvelle tragédie vient rappeler le coût humain du conflit qui ravage le nord du Mali. Huit civils ont été tués le 26 juin dans une frappe aérienne survenue près de Tidermène, dans la région de Ménaka, alors qu’ils se rendaient à une foire hebdomadaire, selon plusieurs sources locales citées par l’AFP et recoupées par d’autres médias. Parmi les victimes figureraient plusieurs adolescents, un chef de village ainsi qu’un agent de santé chargé du Programme élargi de vaccination.
Le véhicule avait quitté la localité d’Intadeyné en direction du marché hebdomadaire de Tidermène lorsqu’il a été touché par une frappe de drone. Les témoignages recueillis sur place décrivent une explosion d’une extrême violence qui n’a laissé qu’une carcasse calcinée. Selon les sources locales interrogées, aucune des personnes présentes à bord n’était impliquée dans des activités armées.
L’incident intervient dans un climat sécuritaire particulièrement tendu. Depuis les attaques d’ampleur menées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et des groupes rebelles touareg, l’armée malienne et ses alliés russes de l’Africa Corps ont multiplié les opérations offensives dans le nord du pays. Les drones occupent désormais une place centrale dans cette stratégie militaire visant à reprendre l’initiative face aux groupes armés.
Pour les habitants de la région de Ménaka, la situation devient de plus en plus préoccupante. Entre les menaces des groupes jihadistes et la multiplication des opérations aériennes, les déplacements ordinaires sont devenus risqués. Les marchés hebdomadaires, essentiels à l’approvisionnement des populations isolées, sont désormais fréquentés dans un climat de crainte permanente.
Cette frappe survient au moment où Human Rights Watch alerte sur la dégradation de la situation des droits humains au Mali. Dans un rapport publié le 29 juin, l’organisation accuse à la fois les groupes jihadistes, les mouvements rebelles et les forces pro-gouvernementales d’avoir commis de graves abus contre les civils depuis la reprise des hostilités à grande échelle dans le nord du pays.
L’armée malienne n’a, à ce stade, publié aucun communiqué sur l’opération. De son côté, l’Africa Corps a diffusé des images montrant la destruction d’un véhicule présenté comme appartenant à des « terroristes ». Plusieurs sources locales affirment toutefois qu’il pourrait s’agir du véhicule transportant les civils tués près de Tidermène.
Au-delà des circonstances exactes de cette frappe, ce drame illustre les dangers croissants de la guerre aérienne dans les vastes espaces sahéliens, où les mouvements de populations civiles se confondent souvent avec ceux des groupes armés. Une réalité qui place les habitants du nord du Mali au cœur d’un conflit dont ils demeurent les premières victimes.







