Au Mali, le Conseil des ministres du vendredi 29 mai a été marqué par une série de décisions touchant à la sécurité, à la coopération régionale et à la stratégie d’influence au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Réuni au palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta, le gouvernement a notamment validé des textes portant sur la création de médias confédéraux avec le Burkina Faso et le Niger, tout en actant de nouvelles mesures destinées au renforcement des capacités sécuritaires du pays.
L’AES mise sur une radio et une télévision communes
Parmi les décisions les plus symboliques figure l’adoption de projets de texte autorisant la ratification de deux accords signés entre les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel.
Le premier concerne la création d’une radio confédérale baptisée « Daandè Liptako », le second porte sur une chaîne de télévision commune, « TAFOUK TV ». Pour Bamako, ces nouveaux outils doivent contribuer à renforcer ce que les autorités qualifient de « souveraineté informationnelle » de l’espace sahélien.
Dans un contexte marqué par une forte bataille de l’information autour des enjeux sécuritaires et géopolitiques au Sahel, ces médias sont présentés comme des instruments destinés à favoriser la circulation de l’information entre les populations du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en consolidant un récit commun autour des ambitions politiques de la Confédération.
Les autorités estiment également que ces plateformes pourraient servir à promouvoir le dialogue, renforcer les liens entre populations et accompagner les efforts de mobilisation face aux défis sécuritaires.
Des terrains affectés aux forces de défense et de sécurité
Autre décision importante : l’affectation de plusieurs parcelles au ministère chargé de la Sécurité et de la Protection civile dans différentes localités du pays, notamment à Kolokani, Kangaba, Koulikoro, Nara, Sikasso, Diéma ou encore Yorosso.
Selon le gouvernement malien, ces terrains doivent permettre la réalisation d’infrastructures au profit des forces de défense et de sécurité, dans un contexte où la question sécuritaire demeure une priorité nationale face à l’expansion des groupes armés dans plusieurs régions.
Barrage de Fomi, énergie nucléaire et coopération régionale
Le Conseil a également été informé de plusieurs initiatives engagées dans le secteur énergétique.
Les autorités maliennes ont notamment évoqué les discussions tenues début mai à Conakry autour du projet de barrage de Fomi, infrastructure portée avec la Guinée et destinée à améliorer la régulation du fleuve Niger tout en augmentant les capacités de production hydroélectrique.
Le Mali a aussi pris part à un sommet international consacré à l’innovation énergétique organisé à Kigali, où les discussions ont porté sur les enjeux liés à la diversification du mix énergétique, au développement des énergies renouvelables et aux perspectives offertes par le nucléaire civil sur le continent africain.
Par ailleurs, une mission menée à Rabat a permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération avec le Maroc dans les domaines de la gestion de l’eau, des infrastructures hydrauliques et des crédits carbone.
Mineurs détenus, patrimoine culturel et alerte sur la dengue
Au-delà des dossiers stratégiques, le gouvernement a annoncé le lancement d’un programme de formation à la citoyenneté destiné aux mineurs détenus au centre de Bollé, à Bamako. L’initiative vise à accompagner leur réinsertion sociale à travers une formation civique, avant un possible accès à un apprentissage professionnel pour une partie d’entre eux.
Dans le domaine culturel, Bamako accueillera les 18 et 19 juin les Journées nationales du patrimoine culturel, avec un accent mis cette année sur la transmission des valeurs culturelles traditionnelles.
Enfin, les autorités sanitaires ont alerté sur une hausse des cas confirmés de dengue dans le pays. Face à cette progression, le président de la Transition, Assimi Goïta, a appelé au respect strict des mesures de prévention.







