L’est de la République démocratique du Congo replonge dans l’angoisse d’Ebola. Les autorités sanitaires et les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme après une flambée épidémique qui a déjà fait plus de 80 morts dans la province de l’Ituri, une région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
Selon le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Afrique), 88 décès et plus de 330 cas suspects ont été enregistrés. Face à la progression rapide du virus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé dimanche cette épidémie comme une « urgence de santé publique de portée internationale ».
Mais au-delà des chiffres, ce sont surtout les conditions de prise en charge qui inquiètent. Dans plusieurs localités touchées, les structures sanitaires sont débordées et les familles se retrouvent seules face à la maladie.
« Les malades meurent chez eux et ce sont leurs proches qui s’occupent des corps », témoigne un acteur de la société civile locale cité par l’AFP. Dans certaines zones, aucun centre d’isolement n’est encore opérationnel.
Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a confirmé que cette nouvelle flambée est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique à ce jour.
Le premier cas identifié serait celui d’une infirmière admise le 24 avril dans un centre de santé de Bunia avec des symptômes compatibles avec Ebola. Depuis, la maladie s’est propagée dans plusieurs zones sanitaires, avec des craintes de transmission transfrontalière déjà alimentées par un décès signalé en Ouganda voisin.
Médecins Sans Frontières parle d’une situation « extrêmement préoccupante » et prépare une intervention d’urgence de grande ampleur. Sur le terrain, les difficultés logistiques compliquent considérablement la riposte : routes dégradées, manque d’équipements médicaux et zones parfois difficiles d’accès.
Depuis plus de cinquante ans, Ebola reste l’une des maladies les plus redoutées du continent africain. En RDC, les précédentes épidémies ont laissé des souvenirs douloureux. Celle de 2018 à 2020 avait causé plus de 2 000 morts.
Fièvre, vomissements, hémorragies, diarrhées : le virus se transmet par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée. La période d’incubation peut durer jusqu’à trois semaines, ce qui complique la détection rapide des cas et alimente les risques de propagation silencieuse.







