Le président sud-africain Cyril Ramaphosa voit revenir un dossier qui continue de fragiliser son image. Ce vendredi 8 mai 2026, la Cour constitutionnelle a annulé une décision du Parlement qui avait auparavant bloqué l’ouverture d’une procédure de destitution à son encontre.
La plus haute juridiction du pays estime que l’Assemblée nationale n’a pas respecté les règles constitutionnelles en mettant fin prématurément au processus. Cette décision rouvre ainsi la possibilité d’un examen parlementaire visant le chef de l’État.
Au cœur de cette affaire figure le scandale dit « Phala Phala », du nom de la ferme privée du président. En 2022, des révélations avaient provoqué une onde de choc dans le pays : plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide auraient été dissimulés dans cette propriété avant d’être volés. L’opposition accuse depuis Cyril Ramaphosa d’avoir tenté d’étouffer l’affaire et de ne pas avoir respecté les procédures légales de déclaration.
Le président sud-africain a toujours rejeté les accusations, affirmant que l’argent provenait d’une vente légale de bétail et qu’aucune faute n’avait été commise.
À l’époque, une majorité de députés avait empêché l’ouverture d’une procédure de destitution, permettant à Cyril Ramaphosa de conserver son poste malgré une forte pression politique. Mais la décision de la Cour constitutionnelle remet aujourd’hui ce dossier sensible au centre du débat public.
Dans un pays confronté à une crise économique persistante, à un chômage massif et à une profonde défiance envers la classe politique, cette affaire continue d’alimenter les critiques contre l’ANC, le parti historique au pouvoir depuis la fin de l’apartheid.
Pour de nombreux Sud-Africains, cette bataille judiciaire dépasse désormais le simple cas de Cyril Ramaphosa. Elle pose une question plus large : celle de la responsabilité des dirigeants et de la capacité des institutions à contrôler le pouvoir.







