L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a comparu ce mercredi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), aux côtés de neuf autres prévenus, dont des personnes morales.
Ils sont poursuivis dans une affaire portant sur des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, escroquerie et autres.
Le montant évoqué dans le dossier s’élève à 240 milliards de francs guinéens.
À l’audience, tous les accusés ont rejeté les charges articulées contre eux. La Cour a, dans la foulée, écarté les exceptions soulevées par la défense, ouvrant la voie à l’instruction du dossier.
Prenant la parole, Badra Koné est revenu sur son parcours, notamment son passage à la tête de la commune de Matam, ainsi que sur sa candidature en cours aux élections communales prévues le 31 mai. Sur la gestion financière de la commune, il a soutenu que la mairie n’avait reçu aucune subvention directe de l’État, en dehors de financements ciblés pour quatre projets : une école primaire, une maison des jeunes à Hèrèmakono, des toilettes publiques à Bonfi et la rénovation d’une partie du marché de Madina.
Il a également détaillé les sources de revenus de la commune, essentiellement constituées de taxes issues des marchés et du cadastre. Selon lui, les prévisions de recettes, estimées à deux milliards de francs guinéens par an, n’ont jamais été atteintes, les encaissements effectifs se situant autour de 800 millions.
Sur les investissements, il a confirmé l’acquisition d’un véhicule à crédit pour environ 70 000 euros, précisant qu’un paiement partiel de 150 millions de francs guinéens avait été effectué avant la fin de son mandat.
Interrogé sur les marchés publics, il a nié toute implication dans les procédures d’attribution, affirmant ne jamais avoir siégé dans une commission chargée de sélectionner les entreprises.
L’ancien responsable communal a par ailleurs reconnu exercer une activité privée dans le commerce de véhicules, en parallèle de ses fonctions, tout en assurant n’avoir bénéficié d’aucune subvention publique depuis 2020.
Concernant la société B&B, également citée dans le dossier, il a déclaré en avoir détenu 50 % des parts avant de s’en retirer. Il a enfin indiqué disposer de 120 millions de francs guinéens sur un compte bancaire à la UBA et de 1,5 million à la BSIC.
À l’issue de l’audience, les prévenus ont été présentés au procureur spécial, puis orientés vers un juge d’instruction, qui devra poursuivre les investigations dans cette affaire.
Cette procédure intervient à quelques semaines des élections communales, auxquelles Badra Koné est candidat.







