Dans un entretien exclusif accordé à notre média ce mercredi 22 avril 2026, Mohamed Camara évoque un parcours marqué par l’épreuve, mais aussi par une détermination hors du commun.
Parti en Mauritanie avec l’espoir de poursuivre des études coraniques, Mohamed Camara n’imaginait pas que son projet se transformerait en véritable combat pour survivre. Très vite, il se retrouve confronté à des conditions de vie difficiles, entre précarité et isolement.
« On a souffert beaucoup, les gens m’ont volé mes objets et mes marchandises que je vendais pour mes petits besoins », raconte-t-il. En tant qu’étranger, il évoque aussi de nombreux obstacles administratifs et sociaux : « Il y avait beaucoup de difficultés à régler là-bas. »
Son séjour est également marqué par des épisodes éprouvants, notamment deux passages en prison, qui renforcent son sentiment d’impasse. Face à cette situation, il prend une décision radicale en septembre 2025 : rentrer en Guinée, mais à sa manière.
« J’ai décidé de retourner au pays sur le vélo. »
Depuis Nouakchott, il entame alors un long périple, seul face à la route. Entre fatigue, chaleur et incertitudes, chaque étape devient un défi. Arrivé au Sénégal, il se heurte à de nouvelles difficultés logistiques. « Les chauffeurs guinéens ne répondaient pas », explique-t-il. Il finit par envoyer ses bagages et poursuit seul à vélo.
Sur l’axe vers Gaoual, les conditions de route compliquent davantage son trajet. « La route est très très mauvaise… une partie de mon pneu a été crevée », se souvient-il. Malgré tout, il garde le cap : « Je suis parti à la mosquée pour prier… après j’ai arrangé mon pneu et j’ai continué. »
Après quatorze jours de voyage, il parvient finalement à Conakry. Un retour difficile, mais chargé de sens.
Aujourd’hui, Mohamed Camara tente de se reconstruire sans réel accompagnement. « Depuis que je suis revenu, ça ne va pas chez moi… je n’ai rien », confie-t-il, évoquant un quotidien toujours précaire.
Malgré les obstacles, il reste animé par une volonté de s’en sortir. « Si je trouve un soutien, je peux avancer », affirme-t-il.
À travers ce témoignage, Mohamed Camara incarne la résilience d’une jeunesse confrontée à l’adversité, mais déterminée à transformer l’épreuve en espoir.







