À Conakry, les législatives à peine terminées, les regards se tournent déjà vers le futur perchoir de l’Assemblée nationale. Et une certitude s’impose : en Guinée, la présidence du Parlement est tout sauf un poste honorifique.
Parmi les noms qui circulent avec insistance, celui de Dr Dansa Kourouma revient en boucle. L’actuel président du Conseil national de la transition (CNT), élu député sur une liste proche du pouvoir, avance avec plusieurs atouts : expérience parlementaire, proximité avec le pouvoir de Conakry et maîtrise des rouages institutionnels.
Depuis 2022, Dansa Kourouma s’est imposé comme l’un des visages civils les plus visibles de la transition conduite par le général Mamadi Doumbouya. Sous sa direction, le CNT a piloté plusieurs réformes et tenté d’incarner une forme de stabilité institutionnelle dans un pays encore marqué par les turbulences politiques.

Mais derrière cette apparente position de favori, les résistances existent.
Dans les cercles politiques guinéens, la polémique autour de l’éligibilité de Dansa Kourouma a d’ailleurs révélé cette tension. Ses adversaires estimaient qu’un responsable d’institution de transition devait quitter ses fonctions avant de briguer un mandat électif. Le camp Kourouma s’est appuyé sur les dispositions transitoires de la Constitution pour défendre la légalité de sa candidature.
Surtout, rien ne garantit encore que le président du CNT décrochera le perchoir. D’autres profils de la majorité émergent discrètement dans les discussions, notamment Makalé Traoré ou Jean Paul Cedy.
Dans un système politique encore largement structuré autour du rapport de force entre le pouvoir militaire et les civils, le dernier mot reviendra probablement au sommet de l’État. Car derrière l’élection du futur président de l’Assemblée nationale se joue une autre bataille : celle de l’équilibre du pouvoir dans la Guinée post-transition.
Le choix du perchoir sera donc observé comme un signal politique majeur. Continuité assumée autour des hommes de la transition ou volonté d’ouverture plus large ? À Conakry, la bataille ne fait que commencer.







