Une nouvelle attaque violente a frappé dimanche à l’aube la communauté d’Agwara, dans le centre du Nigeria, une région déjà traumatisée par l’enlèvement massif de plus de 250 écoliers fin 2025. Selon la police, des hommes armés ont pris pour cible un poste de police et une église, et ont kidnappé cinq habitants lors de leur raid.
Un assaut mené avant l’aube
L’attaque a débuté vers 03h40, lorsque des assaillants ont envahi la communauté et affronté les policiers en poste avant de « prendre le dessus » et d’incendier le poste, probablement à l’aide de dynamite, selon la police locale. Les bandits se sont ensuite dirigés vers la United Methodist Church (UMC), dont une partie a été incendiée, avant d’enlever au moins cinq habitants.
Plusieurs médias nigérians rapportent que les assaillants, lourdement armés, circulaient à moto et ont également pillé des vivres et des biens, plongeant les habitants dans un climat de peur et de terreur.
Une région déjà traumatisée par des enlèvements de masse
Agwara se situe dans la même zone où près de 300 élèves avaient été enlevés lors d’un kidnapping de masse fin 2025. Les écoliers, finalement libérés en décembre, faisaient partie des plus grandes prises d’otages jamais enregistrées au Nigeria.
Les attaques dans cette région sont récurrentes. Des observateurs locaux évoquent un « vide sécuritaire » qui expose les populations rurales aux incursions régulières de groupes criminels. Le manque de présence militaire permanente renforce fortement le sentiment d’abandon chez les habitants.
Pressions internationales et tensions religieuses
Cette série d’attaques survient dans un contexte diplomatique sensible. Washington a récemment accru la pression sur Abuja concernant les violences contre les communautés chrétiennes, des faits qualifiés de « persécution » et de « génocide » par le président américain Donald Trump.
Si ces termes sont contestés, ils reflètent néanmoins une inquiétude internationale croissante face à la multiplication des attaques visant des églises ou des villages chrétiens dans certaines régions du Nigeria.
Offensive militaire dans le nord-est : un chef jihadiste éliminé
Pendant que le centre du pays subissait cette nouvelle attaque, l’armée nigériane a annoncé avoir tué le même jour un commandant de haut rang de Boko Haram, identifié comme Abu Khalid, ainsi que dix combattants, lors d’un raid nocturne dans l’État de Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Selon les autorités militaires, aucune perte n’a été enregistrée dans leurs rangs.
Cette opération fait suite à un nouvel épisode meurtrier : jeudi, plus de 20 personnes, dont cinq soldats et quinze ouvriers du bâtiment, ont été tuées dans la même région par un groupe affilié à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Une crise sécuritaire qui s’enlise
Depuis 2009, l’insurrection jihadiste au Nigeria a fait plus de 40 000 morts et provoqué le déplacement de plus de 2 millions de personnes, selon les Nations unies. La récente flambée d’attaques dans les États du centre et du nord-est montre que les groupes armés — bandits, jihadistes et réseaux criminels — conservent une forte capacité d’action.
À Agwara, les autorités locales et religieuses appellent à un renforcement militaire, à la présence permanente de forces de sécurité et à un soutien accru aux populations déplacées.
Pour les habitants, tant que les groupes armés circuleront librement, la vie quotidienne restera marquée par la peur, l’incertitude… et le risque permanent d’un nouveau drame.







