L’annonce du ministre de l’Énergie, Birame Soulèye Diop, affirmant que le Sénégal envisage de nationaliser Yakaar Teranga à l’expiration de la licence de Kosmos Energy en juillet 2026, redéfinit les contours du futur gazier national. L’objectif affiché : garantir l’approvisionnement du marché local en gaz.
Une annonce à fort impact économique immédiat
L’effet a été instantané : l’action de Kosmos Energy a chuté de 6,1 % à Wall Street. Une réaction révélatrice des incertitudes générées par cette perspective de changement d’opérateur sur l’un des plus importants projets gaziers du pays.
Un coût colossal de 6 milliards de dollars
Selon Le Quotidien, les experts du secteur interrogés estiment que Petrosen ne disposerait pas de ressources financières suffisantes pour assumer seule la nationalisation.
Montant estimé : 6 milliards de dollars
Investissements prioritaires :
• un FPSO pour la production et le stockage du gaz
• une usine de liquéfaction (GNL)
• des études d’impact environnemental et social
Un montant qui dépasse largement les capacités actuelles de l’entreprise nationale.
Un passif marqué par des retraits successifs
Après le retrait de BP en 2023, Kosmos Energy est devenu opérateur majoritaire, mais peine depuis à attirer un partenaire pour lancer la production. Le marché domestique jugé trop réduit par les acteurs étrangers a freiné les investissements.
Les capacités réelles de Petrosen en question
L’ambition de nationaliser relève d’une volonté politique : orienter les ressources gazières vers les besoins internes. Mais les experts interrogés restent sceptiques :
• Petrosen peut-elle mobiliser les 6 milliards requis ?
• Comment l’entreprise réussira-t-elle là où Kosmos n’a pas trouvé de partenaire ?
• Le marché local suffira-t-il à rentabiliser un tel investissement ?
Un projet stratégique, mais plein d’incertitudes
La nationalisation de Yakaar Teranga marque une rupture stratégique. Elle pourrait renforcer la souveraineté énergétique du Sénégal. Mais sans financement clair, sans partenaire industriel solide et sans garanties sur la rentabilité, ce chantier pourrait devenir un pari aussi audacieux que risqué.







