La situation dans l’est de la République démocratique du Congo s’est brutalement détériorée malgré l’accord de paix conclu la semaine dernière à Washington. L’entrée des rebelles de l’AFC-M23 dans la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, a plongé la région dans un climat de peur et de silence total.
Selon plusieurs sources locales, Uvira est devenue méconnaissable. Les habitants, qui ont tenté de fuir vers le Burundi voisin, se retrouvent désormais bloqués chez eux. Les autorités ont fermé le passage frontalier vers Bujumbura, isolant davantage une population déjà traumatisée par les combats.
Un massacre massif de civils
Les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le mouvement rebelle soutenu par le Rwanda ont fait, en un peu plus d’une semaine, un nombre alarmant de victimes civiles. Les autorités provinciales du Sud-Kivu annoncent plus de 413 civils tués, abattus par balles, grenades ou frappes explosives. Parmi eux, de nombreuses femmes et des enfants.
Ce bilan, encore provisoire, met en lumière la gravité de la crise humanitaire qui se déroule entre Uvira et Bukavu, capitale régionale.
Violation du cessez-le-feu et tensions régionales
Kinshasa accuse le M23 de violer ouvertement le cessez-le-feu, pointant également la présence de troupes rwandaises sur son territoire. Mercredi après-midi, les rebelles ont pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira à l’issue d’une offensive rapide lancée début novembre.
De son côté, l’ambassade des États-Unis à Kinshasa a appelé le M23 et les forces rwandaises à cesser immédiatement les offensives et à se retirer du territoire congolais, rappelant l’engagement pris à Washington.







