Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a accordé une grâce exceptionnelle à 984 personnes condamnées, selon un communiqué du ministère de la Justice publié mardi. Une mesure rare, prise en dehors des périodes traditionnellement consacrées aux remises de peine.
Cette décision, entérinée par des décrets signés lundi, s’inscrit dans une volonté des autorités de réduire la surpopulation carcérale et d’améliorer les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires du pays. Selon le ministère de la Justice, ces grâces visent également à favoriser la réinsertion sociale des personnes concernées. Au total, 921 condamnés bénéficient d’une remise totale de peine, leur permettant ainsi de retrouver immédiatement la liberté. La mesure concerne également des catégories considérées comme particulièrement vulnérables. Vingt-et-un détenus gravement malades, dix-neuf mineurs ainsi qu’un prisonnier âgé de plus de 65 ans figurent parmi les bénéficiaires. Par ailleurs, dix-huit condamnés ont obtenu une remise partielle de peine. Quatre détenus condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité voient, quant à eux, leur peine commuée.
Au Sénégal, les grâces présidentielles sont généralement accordées à l’occasion de grandes fêtes nationales ou religieuses, notamment lors de la célébration de l’Indépendance, de la Korité marquant la fin du mois de Ramadan ou encore de l’Aïd el-Kébir. L’annonce de cette nouvelle vague de grâces intervient toutefois en dehors de ces rendez-vous habituels, ce qui confère à la décision un caractère particulièrement exceptionnel.
Dans la continuité d’une politique de désengorgement des prisons
Cette mesure n’est pas la première prise par les autorités sénégalaises pour alléger la pression sur le système carcéral. En avril 2025, 1.121 détenus avaient bénéficié d’une grâce présidentielle à l’occasion de la fête de l’Indépendance et de la Korité. Deux mois plus tard, en juin 2025, 1.466 personnes avaient également été graciées lors de l’Aïd el-Kébir, la plus importante fête du calendrier musulman. Avec cette nouvelle décision concernant 984 condamnés, le gouvernement confirme sa volonté de poursuivre ses efforts en faveur de la réduction de la population carcérale tout en offrant une seconde chance à des détenus jugés éligibles à une réinsertion dans la société.







