Sous couvert d’un dialogue national sur mesure, le régime militaire nigérien vient de tomber le masque.
En recommandant une transition prolongée d’au moins cinq ans, la dissolution des partis politiques et une amnistie sur mesure pour les auteurs du coup d’État, la commission mise en place par la junte confirme ce que beaucoup redoutaient : le pouvoir à Niamey ne s’est pas installé pour organiser un retour à l’ordre constitutionnel, mais pour s’éterniser.
Une parodie de concertation pour verrouiller l’État
Présentés comme une démarche inclusive, les récents pourparlers sur la transition ont été largement boycottés par l’opposition politique et les figures majeures de la société civile. Privée de contradicteurs, la commission nationale s’est transformée en une chambre d’enregistrement au service exclusif du général Abdourahamane Tiani et de ses alliés.
Les mesures préconisées par ce pseudo-dialogue en disent long sur les ambitions autoritaires du régime . La promesse initiale d’une transition de trois ans passe désormais à au moins cinq ans, avec la possibilité explicite d’une prolongation indéfinie.
La recommandation de dissoudre l’ensemble des partis politiques vise à effacer toute opposition structurée et à confisquer définitivement le débat citoyen.
L’impunité au détriment des droits humains et des civils
Pendant que la junte manœuvre pour promouvoir son chef au rang de général d’armée, le pays s’enfonce dans une crise sécuritaire et humanitaire dramatique. Les violences entre groupes armés islamistes et forces gouvernementales continuent de frapper de plein fouet les populations civiles, poussant plus de 3 millions de personnes au déplacement dans la région.
Sur le plan des libertés fondamentales, le bilan reste accablant : l’ancien président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, ainsi que son épouse, demeurent séquestrés et détenus arbitrairement pour des motifs purement politiques.
Les responsables du coup d’État privent les victimes de tout droit à la justice et institutionnalisent l’impunité. Le Niger s’éloigne chaque jour un peu plus de l’État de droit, laissant ses citoyens face à des perspectives démocratiques plus sombres que jamais.







