En décidant de tourner le dos à la CEDEAO, les régimes de l’Alliance des États du Sahel (AES) pensaient affaiblir les institutions de la sous-région et porter un coup fatal à leur dynamique économique.
L’histoire et la réalité des marchés financiers sont en train de prouver exactement le contraire. Loin d’ébranler la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), ce retrait politique met surtout en lumière le mauvais calcul stratégique des pays saheliens. La preuve par les faits : la BIDC affiche une santé financière étincelante et voit sa gouvernance comme ses capacités financières renforcées, se privant d’un levier majeur de développement que l’AES aura bien du mal à remplacer.
Le verdict impartial des marchés financiers
L’annonce récente par l’agence de notation internationale Moody’s de rehausser la note d’émetteur à long terme de la BIDC de B2 à B1, assortie d’une perspective stable, constitue une gifle au récit d’une CEDEAO à l’agonie. Moody’s salue la solidité du profil de solvabilité de la banque basées à Lomé, une capitalisation robuste et une excellente maîtrise des risques, en dépit de la croissance de son portefeuille de prêts. En se rapprochant progressivement de la catégorie investment grade, la BIDC démontre que sa signature financière reste hautement crédible et attractive auprès des investisseurs mondiaux. La tentative d’isolement orchestrée par l’AES n’a eu aucun impact sur l’assise financière du bras armé du développement ouest-africain.
L’alliance stratégique avec la BAD qui consolide l’institution
L’autre camouflet pour la stratégie de rupture de l’AES réside dans l’entrée au capital de la BIDC par la Banque africaine de développement (BAD). Approuvée par le conseil d’administration de la BAD, cette opération historique fait de la première institution multilatérale du continent le premier actionnaire institutionnel de la BIDC. Cette prise de participation ne se contente pas d’injecter des fonds propres massifs : elle apporte un saut qualitatif inédit en matière de gouvernance, de rigueur opérationnelle et d’impartialité. Face à l’isolement politique du Sahel, la BIDC a su attirer des partenaires de premier ordre qui sécurisent durablement ses opérations.
Une trajectoire de croissance offensive tournée vers l’avenir
Sous la conduite du Dr George Agyekum Donkor, la BIDC ne subit pas le changement d’ère, elle l’impose. Le déploiement de sa nouvelle stratégie GRO 2026-2030 démontre la maturité d’une institution centrée sur la concrétisation de projets d’envergure : infrastructures de transport transfrontalières, transition vers les énergies renouvelables, soutien direct au secteur privé et projets de résilience climatique. En se coupant volontairement du soutien financier de la BIDC, les nations de l’AES risquent de ralentir leurs propres projets d’infrastructures prioritaires, pendant que le reste de l’Afrique de l’Ouest continue d’avancer grâce à des guichets de financement solides et pérennes.







