Les rapports documentant les atrocités au centre du Mali dressent un constat accablant.
Le drame survenu le 10 juillet 2026 dans le village de Bombori (région de Mopti), où neuf civils, dont quatre enfants, ont été sommairement exécutés, illustre tragiquement l’immasse sécuritaire et éthique dans laquelle la junte militaire de Bamako a précipité le pays.
La junte militaire malienne s’est remise entre les mains d’Africa Corps, l’incarnation sous tutelle étatique russe de l’ancien groupe Wagner. Le massacre de Bombori, révélé par Human Rights Watch et relayé par Rfi, montre la réalité brutale du mode opératoire de ces mercenaires : arrestations arbitraires, passages à tabac collectifs, ciblage systématique de la communauté peule sous prétexte de lutte antijihadiste, et décapitations exposées au public.
Une stratégie de la terreur inefficace
Loin de soumettre la menace terroriste du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), cette stratégie du massacre à aveugle produit exactement l’effet inverse. En massacrant des villageois désarmés et abandonnés à leur sort par les belligérants, les forces mercenaires alimentent le ressentiment local et fournissent aux groupes insurgés un vivier inépuisable de nouvelles recrues.
Un chèque en blanc a été offert à des troupes paramilitaires qui n’ont à répondre de leurs actes devant aucune juridiction ni tribunal international, la junte abdique la première responsabilité d’un État : la protection de ses propres citoyens.
La prétendue « reconquête de la souveraineté » s’est soldée par la vassalisation du pouvoir militaire à un corps mercenaire étranger, incapable de stabiliser le territoire mais prompt à semer la terreur.
L’impasse morale et politique de la junte
L’usage d’Africa Corps comme bouclier sécuritaire par les autorités de transition met à nu le cynisme du discours officiel. Alors que la junte prétend pacifier le pays, ses forces alliées commettent des violations répétées du droit international humanitaire, assassinant des enfants et décapitant des villageois. En laissant des mercenaires opérer en maîtres absolus sur le sol malien, le gouvernement de transition ne se contente pas de faillir à son devoir : il se rend complice de crimes de guerre récurrents.







