Un an après le lancement de sa deuxième année d’existence, la Confédération des États du Sahel (AES) tente de prendre la mesure de ses avancées.
Les hauts fonctionnaires et cadres techniques du Mali, du Burkina Faso et du Niger sont réunis depuis lundi à Niamey pour un conclave crucial de deux jours. L’objectif affiché par les organisateurs est clair : passer au crible l’exécution de la feuille de route confédérale et livrer un bilan d’étape à la fois quantitatif et qualitatif des initiatives engagées sur le terrain.
Sous la présidence de l’ambassadeur Adani Illo, responsable du comité d’opérationnalisation au Niger, cet exercice de bilan à mi-parcours réunit les représentants des départements techniques des trois nations. La rencontre repose en grande partie sur les travaux préparatoires de la Commission burkinabè, chargés d’alimenter les réflexions. Au-delà du simple constat, la réunion de Niamey vise à actualiser la stratégie globale afin d’établir la liste des priorités opérationnelles pour le second semestre.
Une diplomatie au piège de la bureaucratie ?
À la tribune, les discours officiels entonnent à nouveau le refrain de l’unité retrouvée et de la souveraineté partagée. Les délégués ont unanimement réaffirmé leur loyauté envers la vision stratégique portée par les trois figures de proue de l’AES : le capitaine Ibrahim Traoré, le général Assimi Goïta et le général Abdourahamane Tiani. Pour les représentants des juntes au pouvoir, chaque obstacle rencontré dans la mise en œuvre de la feuille de route doit être transformé en opportunité pour refondre les méthodes de travail et concevoir des réponses communes.
Toutefois, sous le vernis diplomatique et les appels répétés à des échanges « constructifs », cette réunion de travail révèle une réalité sous-jacente plus exigeante : la Confédération ne peut plus se contenter d’annonces de principe. La phase des déclarations d’intention cède progressivement la place à la nécessité impérieuse de présenter des réalisations concrètes aux populations de l’espace confédéral.
Le défi de la traduction concrète
Après les grandes orientations fixées au plus haut niveau des États, c’est désormais l’appareil technocratique qui se retrouve en première ligne. La capacité des hauts fonctionnaires réunis à Niamey à déboucher sur des décisions consensuelles et immédiatement applicables constituera le véritable crash-test de la Confédération. En l’absence de retombées tangibles sur la sécurité, les infrastructures et les conditions de vie des citoyens du Sahel, le projet de l’AES risquerait de s’enfermer dans une dynamique purement bureaucratique.







