La Cour d’appel de Bamako rendra son verdict le lundi 17 août 2026 dans l’affaire impliquant le chroniqueur et activiste malien Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et l’influenceuse Rokia Doumbia, connue sous le nom de Rose Vie Chère. Après plusieurs jours de débats, la juridiction a mis l’affaire en délibéré à l’issue des audiences marquées par de vives confrontations entre l’accusation et la défense.
Les deux prévenus comparaissent pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l’information et de la communication (TIC). Les poursuites découlent notamment d’émissions et de prises de parole publiques au cours desquelles des critiques ont été formulées à l’encontre de la gestion des autorités de la transition.
À l’ouverture du procès, Ras Bath a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui, tout comme Rokia Doumbia. Cette dernière a expliqué que ses interventions visaient essentiellement à dénoncer la hausse du coût de la vie et à attirer l’attention des autorités sur les difficultés économiques rencontrées par les populations maliennes.
Au cours des audiences, le ministère public a soutenu que certaines déclarations diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux étaient de nature à porter atteinte aux institutions de l’État. Le parquet a ainsi requis une peine de dix ans d’emprisonnement ferme contre Ras Bath, assortie d’une amende de 240 000 FCFA. Pour Rokia Doumbia, il a demandé dix ans de prison, dont cinq ans avec sursis, ainsi qu’une amende du même montant.
La défense, de son côté, a contesté la validité de plusieurs éléments de preuve présentés par l’accusation et a plaidé l’innocence des deux prévenus, estimant que le dossier relevait davantage de l’exercice de la liberté d’expression que d’une entreprise criminelle.
Cette affaire suscite une forte attention au Mali en raison de la notoriété de Ras Bath, figure médiatique suivie par un large public, et du rôle de Rose Vie Chère dans les mobilisations contre la cherté de la vie. Le verdict attendu le 17 août pourrait avoir des répercussions importantes sur le débat concernant les libertés publiques et la liberté d’expression dans le pays.
En attendant le délibéré, les soutiens des deux accusés continuent de réclamer leur libération, tandis que les observateurs suivent de près l’issue de ce procès devenu l’un des dossiers judiciaires les plus médiatisés du Mali ces dernières années.







